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samedi 29 décembre 2018

LE JOURNAL DE MA DISPARITION - Camilla GREBE


Mon avis :

Après l'excellent moment de lecture avec Un cri sous la glace que vous pouvez désormais retrouver en format poche, je me suis lancé dans ce nouvel opus dans lequel j'ai retrouvé avec plaisir Hanne.

L'enquête ici va se dérouler différemment puisque Hanne va être retrouvée totalement désorientée dans une forêt, alors que Peter reste introuvable.

La question qui va se poser va être celle de savoir ce qu'il s'est passé dans cette forêt, où est passé Peter et c'est notamment grâce au journal d'Hanne, récupéré par un adolescent, que l'on va petit à petit découvrir ce qui se déroule à Ormberg, une petite ville suédoise qui est un personnage à elle seule.

Il va y avoir de nouveaux policiers et notamment Malin qui fera équipe avec Hanne pour tenter de retrouver Peter et savoir ce qui se passe dans cette bourgade et démêler les secrets qui lient les habitants.

Autant vous dire que j'ai passé un super moment de lecture avec ce suspense qui m’a maintenu en haleine
tout au long du livre. Non seulement on suit avec intérêt l’évolution de l’enquête, mais on se focalise aussi sur Peter dont on a perdu la trace. On veut savoir coûte que coûte où il est et ce qu'il est advenu de lui. On craint le pire mais on n'ose pas non plus l'envisager. On garde espoir et l'auteure fait tout pour entretenir le suspense jusqu'aux dernières lignes.

Le journal que l'on va lire à travers les yeux de Jake est aussi très prenant et stressant. On se pose pas mal de questions sur cet adolescent qui a des penchants un peu particuliers mais auquel on s'attache très rapidement.

On continue à voir évoluer la maladie de Hanne et là encore cela nous fait nous poser beaucoup d'interrogations. Les pertes de mémoire d'Hanne sont de plus en plus importantes et s'attache à cela une certaine agressivité... Alors... on cogite... tout le temps...

Même si j'ai trouvé que le rythme était plus lent que dans son précédent roman, cela ne m'a pas du tout dérangé.

On entre dans une ville dans laquelle tout le monde se connaît depuis des générations et voir que finalement tout le monde s'épie fait froid dans le dos.

Le journal de ma disparition m'a beaucoup plu mais de façon très différente d'avec Un cri sous la glace. Là où l'action était vraiment prépondérante dans le premier, le second sera surtout basé sur la pression psychologique des personnages face à ce qu'ils découvrent sur eux-mêmes et leur entourage.

Camilla Grebe a certes mené une intrigue bien ficelée avec une écriture toujours aussi addictive, cette fois-ci elle nous accroche avec un rythme plus lent mais ô combien passionnant.

En bref, si vous avez aimé 
Un cri sous la glace, vous n'aurez aucun mal à apprécier ce nouveau roman qui diffère un peu mais qui est tout aussi prenant. Quant à ceux qui ne connaissent pas encore cette auteure suédoise, je ne peux que vous la conseiller. Je suis plutôt difficile avec les auteurs des pays nordiques mais avec Camilla Grebe, j'ai accroché tout de suite et j'en suis ravi.




Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa soeur. Un cri sous la glace, son premier livre en solo, paru en 2017 aux éditions Calmann-Lévy, a connu un très beau succès dès sa sortie tout en devenant un phénomène mondial.


LE JOURNAL DE MA DISPARITION  -  Camilla GREBE

CALMANN-LEVY  -  Mars 2018

lundi 18 juin 2018

LES CHIENS DE DETROIT - Jérôme LOUBRY


DÉTROIT A PERDU SES REPÊRES.
SES HABITANTS L’ABANDONNENT.
SES ENFANTS DISPARAISSENT.
2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…
__________

Il était une fois, dans un village reculé, une créature qu’on appelait le Géant de brume. Chaque nuit, lorsque la lune voilée par les nuages n’éclairait qu’à moitié, et que la brume humide léchait les maisons, il venait enlever les enfants qu’on ne revoyait jamais.

C’est en 1998 que commencèrent les premières disparitions. Sept enfants. Sept corps retrouvés, meurtris, sauvagement assassinés. L’enquête n’a jamais abouti. L’inspecteur Stan Mitchell qui en avait la charge subit encore maintenant les conséquences de cet échec. C’est aussi la raison pour laquelle il reconnaît rapidement la patte du tueur, en 2013, soit quinze ans plus tard, quand de nouvelles disparitions d’enfants sont signalées. Cette fois, c’est Sarah Berkhamp, jeune inspectrice, qui est chargée de cette nouvelle traque malgré elle, avec Stan pour adjoint. Le temps presse. Aucun cadavre n’est retrouvé. Où le Géant de brume cache-t-il les enfants ? Sont-ils vivants ?
L’auteur alterne deux enquêtes, celle de 1998 et l’actuelle. D’entrée de jeu, on assiste à l’arrestation du suspect. L’homme reste étonnamment calme malgré l’intervention armée et énergique des forces de l’ordre. « Aidez-moi. Vous êtes ma rédemption. » dit-il. Que signifient ces mots ?
Jérôme Loubry, dont c’est le premier roman, crée une ambiance particulièrement glauque en plantant le décor dans la ville américaine de Détroit, une ville frappée de plein fouet par la crise des subprimes, une ville désertée par ses habitants, où seuls les plus pauvres semblent rester, ceux qui n’ont pas les moyens de partir ou plus l’envie de tenter leur chance ailleurs. Les rues et les quartiers deviennent fantômes. Les toitures de milliers d’habitations s’affaissent en silence tandis que le bitume des routes se fissure de douleur. Les descriptions de l’auteur permettent une immersion du lecteur dans cette ville grise dont on ne sort pas indemne, et une comparaison évidente entre celle-ci et les personnages que la vie n’a pas épargnés.
L’inspecteur Stan Mitchell, aussi appelé Molosse à cause de sa corpulence trapue et puissante ainsi que de sa réputation de ne jamais rien lâcher, ne s’est jamais pardonné l’échec de la première enquête. Il devient alcoolique et violent, et en subit les conséquences : mariage raté, éloignement de son fils.
Sarah Berkhamp, jeune inspectrice, a aussi sa part d’ombre. Depuis l’enfance elle souffre d’une schizophrénie légère accompagnée d’hallucinations auditives, des voix qui lui dictent des impressions, impressions qui peu à peu vont donner un côté étrange mais que l’auteur arrive à rendre très plausibles, puisqu’elles nous guident vers la solution.
Les chiens de Détroit est un roman envoûtant, à l’atmosphère sombre et intense. Les chapitres courts, sans aucune fioriture, donnent à la lecture un rythme soutenu. Un vrai page-turner à dévorer avec délectation.

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie en 2017 son premier roman.
LES CHIENS DE DETROIT  -  Jérôme LOUBRY
CALMANN-LEVY  -  11/10/2017







samedi 20 janvier 2018

FANTAZME - Niko TACKIAN

Fantazmë… ça veut dire "spectre" en albanais…
C’est le surnom que donne la mafia albanaise à celui qui a le cran pour s’y attaquer, en torturant, mutilant, tuant les soldats d’une sorte de clan sous les ordres de Yuri Baric.
Parmi toutes les mafias qui contrôlent la région parisienne, Yuri a choisi la prostitution et le trafic d’êtres humains. Il a réussi à faire sa place et se faire respecter. Ce n’est pas un spectre vengeur qui va le déstabiliser et le ridiculiser aux yeux des autres. La traque s’annonce sanglante et sans pitié.
Après la découverte d’un homme battu à mort dans une cave du 18e arrondissement de Paris, et l’établissement d’une similitude avec le meurtre d’un dealer albanais, l’équipe du Commandant Khan va aussi se lancer dans l’enquête.
Cette fois, il est question de bourreaux qui deviennent victimes et de victimes qui deviennent bourreaux.

Je poursuis donc avec autant de plaisir et d’intérêt les aventures du Commandant Tomar Khan, enquêteur au 36 quai des orfèvres. Même si quelques allusions ont un rapport avec le livre précédent Toxique, je pense qu’il n’est pas nécessaire de l’avoir lu ( C’est dommage, mais il n’est pas trop tard pour y remédier ! ) pour comprendre ce deuxième opus. L’auteur revient d’ailleurs sur les traits de caractère et la psychologie de Tomar, le personnage central, un homme au passé difficile, un pitbull qui ne lâche rien avec son instinct de limier et ses méthodes expéditives, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance, un homme aux méthodes borderline qui navigue aussi dans des zones d’ombre.
On retrouve bien sûr tous les protagonistes de Toxique qui ont suscité chez les lecteurs autant d’empathie et contribué au succès du livre.

Une fois de plus, Niko Tackian s’inspire de l’actualité et soulève cette fois la problématique des réfugiés : la difficulté d’endiguer la misère qui n’en finit pas de s’échouer de continent en continent, de subvenir à leurs besoins, de leur apporter un minimum d’aide. A côté des bénévoles et des organisations humanitaires, il y a ceux qui vont s’enrichir sur leur dos : utilisation d’une main d’oeuvre non déclarée et payée un salaire de misère, proxénétisme, trafic en tout genre, mafia, …

Outre cette enquête principale, on suit également l’évolution d’une enquête interne à l’encontre de Tomar et sa coéquipière Rhonda à propos d’une dissimulation de preuve liée au meurtre d’un violeur et assassin récidiviste.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’état de santé de Tomar devient préoccupant suite à l’apparition de signes d’épilepsie et d’absences passagères.

Avec ce deuxième volet des enquêtes de Tomar Khan, Niko Tackian confirme qu’il a bien sa place parmi les auteurs français de polars. Tout y est pour captiver le lecteur : empathie omniprésente envers les protagonistes, rythme de lecture dynamique, atmosphère parfois violente et intense, suspense bien entretenu.

Je regrette juste que l’histoire ne soit pas un peu plus longue, et le dénouement quasi simultané des trois fils rouges, afin de prolonger un peu plus le plaisir de lecture.


FANTAZME  -  Niko TACKIAN
Calmann-Lévy  -  03/01/2018

mardi 16 janvier 2018

TOXIQUE - Niko TACKIAN

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Scénariste de métier depuis quinze ans, Niko Tackian s’illustre depuis peu en littérature. Auteur de deux thrillers psychologiques, Quelque part avant l’enfer et La nuit n’est jamais complète parus chez Scrineo en 2015 et 2016, il se tourne ensuite vers l’univers du polar avec le très noir Toxique, paru chez Calmann-Lévy en 2017 et dans la collection Livre de Poche en ce début d’année 2018. et qui inaugure une future série.

Celle-ci a pour personnage principal Tomar Khan, enquêteur au 36 quai des orfèvres. L’auteur va donc prendre le temps de bien décrire son personnage central, et les autres qui gravitent autour de lui, famille et collègues de travail. Les personnages sont complexes, relativement bien développés, assez du moins pour créer avec le lecteur un lien particulier qui permet de s’imaginer facilement à leur côté, de vivre plus intensément une enquête non dénuée de suspense.


Le commandant Tomar Khan, d’origine khurde, est un mec inflexible et sanguin à la carrure de buffle, un flic qui flirte parfois avec la ligne rouge pour empêcher de nuire les prédateurs qui rôdent en ville, un homme condamné depuis son enfance à vivre une succession d’échecs, pourchassé par les démons du passé qui viennent le hanter, et qui a trouvé comme exutoire un club de boxe pour y relâcher la tension qu’il accumule. Tomar est aussi un encaisseur. Depuis sa naissance, la vie l’a pris pour un sac de frappe et s’acharne sur lui. Il n’a jamais connu l’insouciance d’une enfance normale, il s’est blindé, recouvert d’une couche épaisse de muscles et de principes pour échapper à la souffrance et ne plus jamais connaître le froid et la peur. Niko Tackian nous fait parfaitement comprendre la fragilité qu’il renferme et le rend profondément humain et particulièrement charismatique.

 Le décor du roman, c’est le Paris de janvier 2016, encore meurtri par les attentats. L’auteur intègre à l’histoire les infos relatées dans la presse à ce sujet ainsi que certains faits de la vie parisienne notamment au coeur du quartier du canal Saint-Martin, laissant l’impression au lecteur de lire un polar écrit en temps réel.

Dans Toxique Niko Tackian développe la thématique des gens toxiques que sont les sociopathes.
Le sociopathe n’est pas capable de voir la souffrance des autres et ne la respecte pas. Et surtout, il cherche à satisfaire ses besoins à tout prix. La sociopathie est une sorte d’immaturité figée. C’est un adulte qui a les mêmes réactions qu’un enfant de cinq ans. Il aime arracher les ailes des mouches sans se soucier de leur douleur. C’est aussi un bon manipulateur qui recourt rarement au mensonge, ou bien par omission. Il n’emploie ni la menace ni la contrainte et encore moins la force physique. Aux yeux du monde, il a l’air irréprochable ! Son art consiste à cerner les failles de ses proies pour mieux les exploiter. La notion de culpabilité n’existe pas chez lui. Sa seule limite, c’est la loi. Il peut être charmant en société. Ce sont des prédateurs sociaux qui laissent derrière eux un sillage d’espoirs brisés. Certaines particularités du sociopathe sont d’ailleurs des qualités mises en avant pour l’embauche dans de grandes entreprises.
Sachant qu’une personne sur 25 pourrait être sociopathe, je m’imagine poser sur mes collègues de travail un regard bien différent .

J’ai apprécié le style de l’auteur et sa façon de me faire entrer dans l’histoire.
Il ne faut pas grand-chose pour passer à côté d’un bon bouquin, et il est évident que je n’ai pas encore le temps de lire tout ce qui me tente. Ce qui est certain, c’est qu’après avoir lu Toxique avec un certain retard, je vais immédiatement enchaîner sur le second volet des aventures du Commandant Tomar Khan .



TOXIQUE  -  Niko TACKIAN
CALMANN-LEVY  -  04/01/2017
LIVRE DE POCHE  -  03/01/2018

jeudi 4 janvier 2018

LA VÉRITÉ MÊME - James RAYBURN

Roger Smith est un auteur sud-africain de thrillers politiques sombres et assez violents. Sortant de son thème habituel, il écrit sous le pseudonyme de James Rayburn un roman d’espionnage hors du commun, La Vérité Même, où il est question d’individualisme, de patriotisme et de règlement de comptes.

Kate Swift, ex-agent de la CIA, est devenue une paria . Suite à la mort du père de son enfant, motivée par son dégoût et son désir de vengeance, et probablement aussi pour laver sa propre culpabilité, elle fait éclater la vérité sur les agissements et atrocités en tout genre commis par certains agents . Parmi ceux-ci, Lucien Benway, l’homme qui a dirigé les opérations spéciales de la CIA, des opérations secrètes en pays étrangers, missionné par le président en personne, et qui a subi, suite aux aveux de Kate, l’humiliation de voir tous ses liens avec la CIA, le Pentagone et la Maison-Blanche coupés du jour au lendemain, un homme renvoyé dans les limbes, désaimé des puissants amis qu’il admirait tant, passant de chien de concours à bâtard en moins de cinq secondes, un homme qui a la haine envers la responsable de ce gâchis et qui n’a de cesse de la retrouver pour régler ses comptes.

Planquée depuis deux ans dans le Vermont , sous une fausse identité, avec sa fille Suzie, Kate mène autant que faire se peut une existence paisible, bien loin des missions de sa vie antérieure. Un jour, en sa présence, deux jeunes hommes font irruption et ouvrent le feu dans l’école primaire de Suzie.

Laissant ressurgir ses automatismes, Kate parvient à maîtriser les agresseurs au risque de se dévoiler. Persuadée que ces hommes armés ont été envoyés par son ancien ennemi juré, Lucien Benway, elle disparaît avec sa fille et part retrouver son mentor à la retraite Philip Danvers, et Harry Hook, stratège de génie, qui n’avait pas son pareil pour imaginer des plans infaillibles, dans le but de disparaître une deuxième fois. Mais Lucien Benway n’a aucune limite pour assouvir sa vengeance, et l’irruption de Kate va remettre à jour des règlements de comptes qui vont coûter cher en vies humaines.

Ce n’est donc pas un thriller d’espionnage géopolitique tel qu’on a l’habitude de voir, mettant en scène une puissance étrangère néfaste, mais plus un livre sur les espions eux-mêmes.
La Vérité Même explore l’idée que les espions, tout en étant des machines à tuer impitoyables, sont des êtres humains imparfaits comme vous et moi. Travailler pour la CIA est stressant et cela finit par vous épuiser, tuer votre rêve et vous transformer en un gâchis existentiel. L’intrigue du livre provient essentiellement d’un conflit d’égos entre Kate Swift, la patriote – son allégeance au pays et au drapeau forgée par ce qu’elle avait vécu à quatorze ans lorsque, debout sur un trottoir du Mower Manhattan, elle avait vu s’écrouler les tours jumelles et inhalé la poussière des morts - , et Lucien Benway, un fanatique qui dissimule sa psychopathie sous un chauvinisme des époques Reagan et Bush.
Les thrillers d’espionnage traditionnels présentent cet aspect patriotique qui oppose les Etats-Unis à un ennemi politique malintentionné. Celui qui s’éloigne du programme finit toujours par être un traître. Ce n’est pas le cas ici. Techniquement, Kate Swift est le traître pour avoir dénoncé les activités de la CIA, tandis que Benway est juste un employé du gouvernement trop ambitieux qui a été pris en flagrant délit de faire de la merde. A eux deux, ils symbolisent les deux visages du patriotisme : le sacrifice désintéressé pour le plus grand bien (avec sans doute un goût sauvage pour l’aventure) et l’ambition insouciante se cachant dans les agences gouvernementales et se faisant passer pour de l’altruisme.

James Rayburn (Roger Smith), avec un fond d’espionnage, nous offre un excellent thriller d’action. Il conduit le récit vers une conclusion palpitante en Thaïlande, tout en le parsemant d’un peu d’humour et de satire, ce qui a pour effet d’atténuer un peu la violence bien présente.
Bien qu’il y ait un peu de rédemption, tout le monde ne survit pas. Ceux qui ont cette chance risquent de vous surprendre.



LA VÉRITÉ MÊME  -  James RAYBURN
CALMANN-LEVY  -  10/01/2018

samedi 7 octobre 2017

LA CIBLE ÉTAIT FRANÇAISE - Lee CHILD

Aimant varier les genres, après un excellent roman noir de Ron Rash, je me laisse tenter par la dernière aventure de Jack Reacher. C’est une découverte pour moi, la seule image que j’ai vue de ce personnage est celle de l’acteur Tom Cruise qui l’incarne au cinéma. Et encore ! Il s’agit de l’affiche du film car cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu un film avec cet acteur.
Heureusement, je constate que le héros de Lee Child mesure un mètre quatre-vingt-dix-huit pour cent dix kilos, ce qui l’éloigne un peu de la morphologie de l’acteur américain et de l’image que j’aurais pu en avoir tout au long de cette lecture.

Ce dernier livre de Lee Child est en fait la dix-neuvième aventure de Jack Reacher .
Un général des Forces Spéciales américaines l’appelle d’urgence après une tentative d’assassinat ratée contre le président de la France. Le général croit que l’attaque a été une répétition pour une tentative d’assassinat contre le président américain lors d’un prochain sommet économique à Londres.
Le tireur de Paris a tiré sur une distance de 1300 mètres . Reacher et le général savent que seule une poignée de tireurs d’élite dans le monde peut faire ce tir. L’un est Américain nommé Kohn Kott, que Reacher a envoyé en prison quinze ans plus tôt. Maintenant qu’il est libre, le travail de Reacher est de le trouver, sachant bien sûr que Kott n’hésiterait pas non plus à tuer son poursuivant.

L’histoire qui se déroule à Paris et à Londres est à la fois complexe et fascinante. On en apprend beaucoup sur les snipers et les puissants fusils de longue portée. A Londres, Kott est protégé par un gang criminel dirigé par Little Joey, un malabar aussi large que grand. Reacher est également secondé dans cette mission par une charmante militaire de 28 ans, Casey Nice, qui apporte cette touche glamour, comme les James Bond girls avec l’espion de sa Majesté.

L’inconvénient dans ce genre de série avec un héros récurrent est qu’il y a un impératif à respecter. Jack Reacher ne peut que survivre à moins que Child et son éditeur ne soient disposés à perdre beaucoup d’argent avec une conclusion vraiment inattendue. Child ne peut donc que donner à l’histoire un suspense et une tension maximale pour arriver à une conclusion courue d’avance.
Il y a aussi ce moment où Reacher s’oppose au super sniper Kott lors d’un échange de tirs parfaitement chorégraphié, mais dont le résultat n’est pas une surprise. Celle-ci survient cependant quand un autre méchant apparaît avec un pistolet et promet de faire exploser la tête de Reacher. Il arrive ce qui arrive presque toujours dans ce genre de situation, le tueur est si stupide qu’il n’arrête pas de parler au lieu de tirer !

Le pacte sous-entendu est donc le suivant : Lee Child nous livre une lecture passionnante et nous prétendons ne pas savoir si son héros survivra à cette aventure comme il l’a fait lors des dix-huit précédentes. Ainsi, quand tous les méchants ont été neutralisé, Jack Reacher, fatigué, peut monter dans le prochain bus et disparaître dans la nuit, laissant une multitude de fans en attente du prochain défi qu’il rencontrera quelque part sur la route.

La prochaine aventure sera sans moi, car finalement, celle-ci ne m’a pas particulièrement convaincu

au point de devenir un inconditionnel de ce héros.


LA CIBLE ÉTAIT FRANÇAISE  -  Lee CHILD
CALMANN-LEVY  -  Collection CALMANN NOIR  -  06/09/2017

vendredi 26 mai 2017

UNE SAISON AU CAMBODGE - Lawrence OSBORNE

Robert Grieve, jeune enseignant britannique est de nature un rêveur solitaire. Silencieux et réservé, adepte des vacances hors des sentiers battus et des endroits bondés de touristes, il opte pour un séjour au Cambodge, désireux de se laisser dériver longtemps sans s’en soucier, dans ce pays où la vie est paisible et abordable. Sa vie ne connaît jamais d’extras, de coups de folie. Il ne s’accorde jamais le moindre luxe. Ses relations se nouent et se défont au petit bonheur, lors de moments de distraction. Pourtant Robert a bien un fantasme, connaître une vie différente, parallèle à sa vie actuelle. Cette idée va alors prendre de l’envergure et ne plus lui sembler aussi incroyable, lui faisant ainsi comprendre qu’il n’a plus envie de rentrer chez lui.
Tout commence par une virée au casino Diamond Crown de Pailin, le soir de son arrivée au Cambodge. La chance du débutant lui fait remporter le jackpot, une somme rondelette qui lui fait miroiter la possibilité d’assouvir son fantasme. Sauf qu’autour de lui, et de fil en aiguille, tout finit toujours par se savoir. Un expatrié qui se balade avec une valise pleine de billets finit par attirer quelques envieux, moins naïfs et moins scrupuleux. Un américain charmeur, un flic corrompu, un escroc chauffeur de taxi et la fille d’un riche médecin vont tour à tour modifier le cours de son existence.

Dans ce livre, chaque personnage est un chercheur. Robert et Sophal cherchent simplement le bonheur, alors que d’autres cherchent la fuite, de l’argent, une sécurité, ou une revanche, et que Davouth cherche ses proies comme un chasseur, comme on lui a appris à faire depuis son plus jeune âge.
Ce roman a toutes les caractéristiques d’un thriller. Le suspense se construit lentement, régulièrement, tandis que la menace croît chapitre après chapitre, avec une ironie dramatique qui garde le récit nerveux et saisissant. Mais en plus, il permet de s’interroger sur la chance et la hasard, sur le rôle du rationnel et de l’irrationnel, de l’impérialisme et de l’occidentalisation, de la guerre, la profondeur des cicatrices et leur lente guérison (ou pas). L’innocence de Robert est à la fois séduisante et dangereuse dans un pays ancien qui a émergé d’une période de traumatisme intense, et sa mentalité européenne rationaliste ne lui permet pas de comprendre l’aspect irrationnel de cette culture – les signes, les présages, les rêves, les fantômes et les esprits.
Il peut être lu simplement comme un thriller, un roman à suspense et être parfaitement agréable, mais ses thèmes plus profonds le rendent beaucoup plus riche et fascinant.

Une belle découverte !



C'est l'absence d'amour qui est éphémère, bornée et destinée à ne pas perdurer, parce qu'elle ne mène nulle part. Si la vie est un ruisseau, l'absence d'amour est le barrage constitué de débris et de branches. Il ne peut durer. Il se rompt, branche par branche, et le courant reprend son mouvement, car c'est sa nature. Il n'a nulle part ailleurs où aller. La vie va de l'avant.

Tant d'éducation et de modération pour rien. D'un coup de fusil d'assaut, un enfant fou peut annihiler en une fraction de seconde toute la musique classique, les écrits de Marx et les mathématiques que vous avez engrangés, pour la seule raison qu'il a envie d'observer vos convulsions.




D’origine britannique, Lawrence Osborne est avant tout un globe-trotteur qui a vécu à Paris, au Maroc, en Italie, à NewYork, Mexico, Istanbul puis Bangkok où il réside actuellement. Auteur de romans et d’essais, il est également journaliste et contribue régulièrement au New York Times et au Wall Street Journal .

Source : http://calmann-levy.fr/auteur/lawrence-osborne

UNE SAISON AU CAMBODGE  -  Lawrence OSBORNE
CALMANN-LEVY  -  10/05/2017

dimanche 5 février 2017

UN CRI SOUS LA GLACE - Camilla Grebe

Une jeune femme est décapitée dans la maison d'un PDG controversé d'une chaîne de vêtements. L'identité de la femme est inconnue. L'homme d'affaires, Jesper Orre, a tout simplement disparu.
L'histoire est racontée d’une manière alternée par trois personnages de première importance.
L'inspecteur Peter Lindgren, un homme désabusé et découragé, n’ayant pas accepté son rôle de mari et de père, et dont le seul véritable engagement a toujours été son travail.
Une ancienne profileuse, Hanne, invitée comme consultante car elle a participé à une enquête sur un crime similaire dix ans plutôt. Hanne présente des signes précurseurs de démence précoce et est piégée dans un mariage sans amour à un homme qui veut tout contrôler.
Ensuite, il y a le point de vue d'Emma qui, contrairement aux deux autres, commence dans le passé et raconte sa relation avec son fiancé, Jesper Orre, une relation qu'ils doivent garder secrète parce qu'il est son employeur.


Comme souvent dans la littérature policière scandinave, on retrouve une atmosphère froide et sombre typique et une procédure policière détaillée, mais les points de vue alternés et la description complexe de la vie passée et présente des trois personnages principaux renforcent l’intrigue d’une façon particulièrement intéressante. L’étude des personnages est fascinante et constitue à elle seule une intrigue parallèle et tout aussi intéressante que l’enquête policière. La solution du crime devient évidente à mi-parcours du roman, mais cela ne diminue pas pour autant le plaisir de lecture. Un premier roman très bien écrit par l'écrivaine suédoise Camilla Grebe, que je recommande fortement si vous aimez la fiction avec un aspect nordique sombre.

Une enquête pour homicide, c'est exactement comme la vie : il y a un début, un milieu et une fin. Et, comme la vie, on ne sait jamais où on en est avant qu'elle soit achevée. Parfois, elle se termine presque avant d'avoir commencé et parfois, on a l'impression qu'elle continue pour toujours, jusqu'à ce qu'elle périclite ou qu'elle soit classée sans suite.
La seule différence, c'est qu'avec les enquêtes, l'objectif est d'arriver à une conclusion le plus rapidement possible - contrairement à la vie.




Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa soeur et finaliste du prix Best Swedish Crime Novel of the Year. Un cri sous la glace, son premier livre en solo paru en 2015 en Suède, fut un bestseller dès sa sortie. Thriller captivant dans la veine des Apparences de Gillian Flynn, il est sur le point de devenir un phénomène mondial.



Un cri sous la glace  -  Camilla Grebe
Calmann-Lévy  -  Février 2017

mardi 3 janvier 2017

NO HOME - Yaa Gyasi



No Home est une saga qui apporte un regard incroyable et horrible sur l'histoire, le colonialisme et l'esclavage au Ghana et en Amérique, à travers 250 ans. Comment l'auteure a-t-elle réussi à créer de tels personnages, couvrir tant d'histoire, et raconter une histoire aussi complexe, mais convaincante en seulement 300 pages, je ne sais pas.

Ce livre, cependant, est peut-être la saga familiale la plus ambitieuse que j'ai jamais lue. La plupart des livres comme celui-ci couvrent trois générations. No Home en suit sept. Tout commence avec deux demi-sœurs - Effia et Esi - qui ne se connaîtront jamais. La famille de l’une connaîtra l’esclavage en Amérique, celle de l’autre restera au Ghana.

Chaque chapitre nous parle d'un nouveau personnage. D'abord Effia et Essi, puis six de leurs descendants, alors que l'histoire suit les changements culturels au Ghana et en Amérique - à travers le colonialisme, le racisme et les attitudes envers l'esclavage. Grâce aux personnages, nous vivons la vie durant les guerres tribales des années 1700, les horreurs du commerce transatlantique des esclaves, les manières dont les dirigeants proéminents du Ghana ont aidé les esclavagistes britanniques et américains, la peur créée par la Loi des Esclaves Fugitifs en Amérique et bien plus encore.

Quatorze personnages en 300 pages, c’est peut-être beaucoup pensez-vous ? Il n’en est rien. On passe de l’un à l’autre, d’une lignée à l’autre, d’un continent à l’autre, avec aisance, tant Yaa Gyasi est une conteuse hors pair. Elle prend des sujets importants comme l’esclavage et le colonialisme, les pimente avec de parfaites petites conversations et des regards sur la nature humaine. On a de l’empathie pour chaque personnage. La lecture en devient facile et captivante.

« Tous les peuples du continent noir doivent abandonner leur paganisme et se tourner vers Dieu. Soyez reconnaissants que les Britanniques sont ici pour vous montrer comment vivre une vie bonne et morale. »

Nos ancêtres ont peut-être pris part au colonialisme et sont responsables d’actes peu glorieux. Heureusement que nous avons évolué et commencé à embrasser d’autres cultures.

Comme on peut s'y attendre, il y a de quoi être dégoûté dans ce livre. Fidèle à l'histoire, il est plein de sang, de coups de fouet, de langage raciste, de supériorité britannique et d'autres scènes qui vous retournent l’estomac. Cependant, Gyasi manipule avec sensibilité son sujet, en s'assurant que la violence est une représentation honnête de l'histoire, non gratuite.


Une histoire rudimentaire et détaillée sur les effets de longue date de la colonisation de l'Afrique et de la traite négrière. Une vraie réussite !


"Les hommes blancs ont le choix. Ils peuvent choisir leur travail, choisir leur maison. Ils font des bébés noirs, puis ils s'évaporent comme s'ils n'avaient jamais été là, comme si toutes ces femmes noires avec lesquelles ils avaient couché ou qu'ils avaient violées, elles étaient tombées enceintes toutes seules. Les hommes blancs peuvent aussi décider pour les Noirs. Ils les vendaient autrefois ; maintenant ils les envoient juste en prison, comme ils ont fait avec mon papa, et les privent de leurs enfants."
 "Le dieu de l'homme blanc est comme l'homme blanc. Il pense qu'il est le seul dieu, juste comme l'homme blanc pense qu'il est le seul homme. Mais la seule raison pour quoi il est dieu au lieu de Nyame ou Chukwu ou n'importe qui, c'est parce que nous le laissons faire. Nous ne le combattons pas. Nous ne le contestons même pas. L'homme blanc nous a dit que c'était comme ça, et nous avons dit oui, mais quand l'homme blanc nous a-t-il jamais dit qu'une chose était bonne pour nous et que cette chose était vraiment bonne ? Il disent que tu es un sorcier africain, et alors ? Et alors ? Qui leur a dit ce qu'est un sorcier ?"

No Home - Yaa Gyasi
Calmann-Lévy  -  Janvier 2017

mardi 22 novembre 2016

MEURTRE AU PONT DU DIABLE - Jean-Baptiste Bester

Quand le corps désarticulé d’Agnès Ladoucette est retrouvé au pied du pont d’Asfeld dans le lit de la Durance, cinquante-cinq mètres plus bas, la population briançonnaise est consternée. Médecin installée en ville depuis vingt ans, la victime était connue pour sa gentillesse et son dévouement. Accident ? Suicide ? La stupeur est à son comble quand le commissaire Pierre Chancel annonce que les premiers éléments de l’enquête évoquent la piste d’un crime.
Agnès était une amie intime de Chancel, qui désespère d’arrêter un jour le coupable : rien, dans la vie de cette femme exemplaire, ne donne prise à l’enquête. Jusqu’au jour où le commissaire, fouillant dans les tréfonds de sa mémoire, découvre un élément crucial qui lui permet de reprendre espoir…


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La collection France de toujours et d'aujourd'hui aux Editions Calmann-Levy réunit des auteurs qui partagent le goût des romans enracinés dans nos terroirs.
Il s'agit cette fois d'une intrigue policière dont l'action se situe à Briançon, dans le Dauphiné.
Le commissaire Pierre Chancel, un homme plutôt méfiant et tatillon, a bien du mal à faire progresser son enquête.Est-ce dû au lien qui unissait celui-ci à la victime, affectant ce dernier et faussant ainsi ses facultés de déduction ? Et la collaboration avec une journaliste du Dauphiné, imposée par le Préfet, ne semble pas non plus apporter une avancée déterminante. 

Jean-Baptiste Bester nous livre une intrigue digne des meilleurs auteurs d'enquêtes policières. 
La description de l'environnement (Briançon, le pont d'Asfeld, la cité Vauban, ...) nous plonge d'autant plus facilement dans l'histoire et suscite même l'envie d'y passer un séjour.
On a droit aussi à une initiation théorique au zazen, la posture de méditation assise de la pratique du bouddhisme zen, dont la commissaire Chancel est un adepte. Pratiqué quotidiennement, il est très efficace pour l'élargissement de la conscience et le développement de l'intuition.
Je regrette juste un manque de profondeur dans l'aspect psychologique des personnages principaux, diminuant ainsi l'empathie à leur égard.
C'en est pas moins un polar agréable, avec des chapitres courts, une écriture fluide, une lecture facile et captivante.


Meurtre au pont du diable - Jean-Baptiste Bester
Editions Calmann-Lévy - octobre 2016
Collection France de toujours et d'aujourd'hui.

jeudi 3 novembre 2016

L'OPOSSUM ROSE - Federico Axat

Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque, le destin s’en mêlant, un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Ted s’apprête à aller ouvrir quand il aperçoit sur son bureau, et écrit de sa propre main, un mot on ne peut plus explicite : Ouvre. C’est ta dernière chance. Sauf qu’il ne se rappelle absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un
peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre. Mais qui est vraiment ce Lynch ? Et quelles sont ses conditions ?


Préparez-vous à recevoir une énorme claque, avec L’Opossum Rose de Federico Axat, un thriller psychologique addictif et parfaitement maitrisé.
Moins vous en saurez avant d’en commencer la lecture et mieux ce sera. Laissez-vous entraîner dans cette histoire, dans un labyrinthe tortueux à souhait dont vous ne pourrez vous échapper avant la sortie.
                                                                         
L’Opossum Rose impose un rythme vertigineux auquel il est difficile de résister, au risque d’oublier certains détails qui peuvent paraître insignifiants, mais avoir une grande importance dans le déroulement de la trame. Une trame complexe et intelligente qui démarre dès la première page, et ne laisse au lecteur tourmenté aucun repos pour résoudre le puzzle, dont on ne sait s’il manque des pièces, ou si au contraire elles sont toutes là sans qu’on soit capable de les assembler correctement.
Une trame quelque peu confuse au départ, mais dont chaque pièce va finir par s’emboîter parfaitement, preuve que Federico Axat est un excellent narrateur.

Les surprises jalonnent le roman avec un rythme épouvantable dans le but de démonter des théories, de créer des confusions, de forcer le lecteur à se poser mille questions.
On se sent impliqué dans l’histoire au même titre que le personnage principal, particulièrement complexe,  doutant avec lui, ou doutant de lui. L’évolution de tous les personnages, du principal au secondaire, se fait de manière tout à fait naturelle, les rendant d’autant plus crédibles.

Avec un langage simple, direct et visuel, l’auteur construit un parfait thriller psychologique avec une atmosphère inquiétante, poussant le lecteur le plus exigeant vers un seul but : le dénouement.
Un dénouement brillant après mille virements inattendus et mille théories jetées à l’eau. Un dénouement qui laisse bouche bée et un épilogue qui laisse sans voix.


Tu sais quoi ? Ça ne change pas grand-chose, d'être fou. Je veux dire par là que ça n'excuse pas tes gestes. Au lieu d'aller en prison, tu te retrouves dans un endroit comme celui-ci, mais il y a toujours une part de toi qui se sent coupable de ne pas avoir su contenir l'autre. Et une part de toi le sait. Elle sait tout.

L'Opossum Rose - Fédérico Axat - Calman-Levy (octobre 2016)