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lundi 17 décembre 2018

LES ILLUSIONS - Jane ROBINS


Quatrième de couverture :

Jusqu'où peut-on s'immiscer dans la vie de ses proches ?
Callie a toujours vécu dans l'ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s'empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l'emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N'est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d'une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

La jalousie, la culpabilité, le remords... dans ce roman au suspense hitchcockien, Jane Robins joue sur tous les registres des liens familiaux. D'une étonnante acuité psychologique, elle dessine des personnages à l'humanité poignante, jusque dans leurs familles et leurs excès, pris dans une intrigue où il est impossible jusqu'à la fin de démêler le vrai du faux.


Mon avis :

Tilda et Callie sont sœurs jumelles. Callie a ce besoin viscéral de toujours veiller sur sa sœur. Lors d’une soirée cinéma avec « l’inconnu du Nord-Express » de Hitchcock, Tilda présente Félix à sa sœur. Si au départ Callie est contente pour sa sœur, elle commence à douter au vu du comportement de Tilda au fil des semaines. Quand elle aperçoit des bleus sur les bras de Tilda, Callie devient plus que jamais déterminée à protéger sa sœur et commence à effectuer des recherches internet sur les histoires d’amour passionnelles. Sur internet, elle tombe sur un site Tyrandomestique.com, sur lequel elle trouve la description même de Felix. Callie est désormais certaine que Tilda est en danger. Elle ne la voit presque plus, Tilda ne répond plus à ses messages, on dirait même qu’elle n’accepte plus aucun script alors que sa carrière d’actrice avait bien commencé. 

Je ne vais pas en dire plus. Tout le livre va se consacrer à cette « enquête » que mène Callie, personnage principal du roman et narratrice, sur sa sœur Tilda et Félix. 
Imagine un peu que tu as un membre de ta famille qui t’inquiète. Tu tombes comme Callie sur un site internet qui te décrit ce que tu crains le plus. Tu t’attardes sur le site en question, tu fais connaissance avec d’autres utilisateurs avec qui tu te lies d’amitié et qui t’aide à surmonter tes craintes. Comme tu es assez influençable, crédule et pessimiste, ce que tu lis ou ce que l’on te raconte te persuade que c’est la seule possibilité, la seule chose à faire pour sauver cette personne.
Tu as là Callie et ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit depuis sa rencontre avec Félix dont elle se méfie vraiment beaucoup. 
Callie est une jeune femme à la Bridget Jones. Libraire, célibataire, avec un peu d’embonpoint. Elle préfère être seule, a tendance à s’effacer pour laisser place aux autres. Autour d’elle ne gravitent que sa sœur Tilda, sa mère et sa patronne Daphné.
Tilda est tout l’opposé de sa sœur : exubérante, aimant être le centre de l’attention. Déjà enfant, c’était la dominante des deux. Callie n’est pas jalouse de sa sœur au contraire elle l’admire, la trouve tellement belle et parfaite. Elle a toujours gravité autour. Un papillon attiré par la lumière et qui ne peut s’empêcher de s’en approcher quitte à se brûler les ailes.
Jane Robins écrit son livre en entier à partir du point de vue de Callie dans un récit à la première personne.  C’est un style d’écriture que j’aime beaucoup, car tu t’identifies plus facilement au personnage.  Le style propulse naturellement l’histoire d’une manière rapide et pleine de suspense.
Les pages défilent à toute allure. C’est un roman qui se lit très vite. Tu découvres les indices en même temps que Callie, et même si c’est elle qui enquête sur cette situation troublante entre Tilda et Félix, tu assimiles ces preuves et tu entres toi aussi dans l’enquête. Tu deviens méfiant, paranoïaque, et pas seulement sur Félix !
Jane Robins prend le temps de développer la psychologie de ses personnages lentement.  Aucun n’est vraiment sympathique. Même Callie a des comportements étranges qui peuvent influer sur tes ressentiments à son égard. Des questions tu vas t’en poser de plus en plus. Est-ce que Félix est vraiment dangereux ou est-ce Callie qui est folle ? Et ces Belle et Scarlett ? L’auteure prend beaucoup de temps pour travailler ses protagonistes. Tous ensemble ils sont sombres. Tous ont un côté déviant ou étrange. Grâce à ce procédé qui va jouer avec tes propres peurs, tu lis de plus en plus vite ; plus tu lis plus l’ambiance devient glauque. Tu sais que quelque chose de grave va arriver, mais à qui ? Comment ? Quand ? 
Tous les personnages du livre sont intéressants, excentriques et savamment dessinés. Ils forment un ensemble hétéroclite, mais qui marche parfaitement. 
Jane Robins t’entraîne dans les méandres du thriller psychologique. Le sentiment de malaise grandissant se transforme en une paranoïa totale. A partir de 160 pages, tu en viens à te demander si tu peux faire confiance à qui que ce soit dans ce roman. 
Tu vas établir des suppositions, tu seras peut-être comme moi sur la bonne piste, mais cela n’enlèvera rien à ton plaisir de lecture. Tu vas vouloir arriver à la fin et connaître le dénouement. Jane Robins va te donner peu d’indices. Il n’y a pas énormément d’action. C’est même décrit tout en lenteur, avec une atmosphère de doute, des moments lugubres, et surtout, une psychologie fine et ciselée des personnages (surtout de Callie et Tilda) qui remplit parfaitement son rôle pour te rendre accro à ta lecture.
Tu ne vas pas lire un roman sur les relations amoureuses toxiques. Les illusions est vraiment une étude sur les relations entre sœurs jumelles. Quelle est la personnalité dominante, pourquoi ? Comment se sent la seconde dans ce duo qui a toujours fasciné et continue à fasciner ? Callie et Tilda ont vraiment une relation étrange entre elles. Lorsque des personnages du livre décèdent, ton envie de comprendre va monter d’un cran. J’ai mis mes suppositions en doute. J’ai soupçonné d’autres personnages. Vient alors cette fin, impossible à deviner, en tout cas pas dans son entièreté. J’ai eu un soupçon, c’est vrai, mais je me suis quand même fait duper. Un final choquant, plausible et écrit de manière intelligente.

En bref :


Si tu aimes les jeux d’esprit sinueux avec des personnages étranges et sombres, je pense que tu aimeras lire Les illusions.  C’est une étude psychologique sur les relations toxiques qui ne sont pas toujours celles que l’on pense comprendre de prime abord. C’est finement travaillé et intelligemment amené. Tu vas plonger dans la paranoïa de Callie et même si aucun des personnages ne va te paraître sympathique, l’ambiance à la Hitchcock va rendre ce roman encore plus délectable.
Ce n’est pas le meilleur que j’ai pu lire, mais un bon roman psychologique qui va faire travailler tes méninges et te faire remettre en doute tout ce que tu penses. 

Jane Robins a débuté sa carrière comme journaliste dans les années 1980, travaillant pour des médias reconnus tels que The Economist, The Independentet la BBC. Habituée à couvrir l’actualité étrangère et politique (en Inde et en Asie du Sud-Est), elle devient, à son retour en Grande Bretagne, animatrice radio puis, à partir de 2006, écrivaine. Elle commence par publier des essais historiques avant de se lancer dans le thriller. Jane Robins a récemment été distinguée comme Membre de la Royal Literary Fund.
LES ILLUSIONS  -  Jane ROBINS
SONATINE  -  04/10/2018

dimanche 25 novembre 2018

UNE PRÉSENCE DANS LA NUIT - Emily Elgar


Quatrième de couverture :

Vie parfaite ou parfait mensonge ? Nouvelle venue sur la scène du suspense psychologique à l'anglaise, Emily Elgar livre un roman compulsif et émouvant, à recommander à tous les fans de Clare Mackintosh et de Fiona Barton.
Infirmière en soins intensifs, Alice Taylor le sait : séparer travail et sentiments est primordial dans son métier. Mais l'arrivée d'une nouvelle patiente fait bientôt chavirer cette ligne de conduite...
Fauchée par un automobiliste anonyme, Cassie Jensen est plongée dans un coma dont personne ne sait si elle sortira un jour. Mais alors que la famille de la jeune femme se précipite à son chevet, Alice s'interroge : pourquoi nul ne semble dévasté de chagrin ? Ignorent-ils tous la grossesse de Cassie ? Se pourrait-il qu'elle ait caché d'autres secrets à ses proches ?
De son lit, face à celui de Cassie, Frank aussi observe. Il sait que Cassie est en danger ; il connaît même l'identité du chauffard et son mobile. Pourtant, Frank ne peut rien révéler. Atteint du syndrome d'enfermement, cet homme est prisonnier de son propre corps, et seules ses paupières peuvent bouger... Mais parviendra-t-il à se faire comprendre d'Alice, avant qu'il ne soit trop tard ?



Mon avis :

Une présence dans la nuit est un thriller psychologique captivant et addictif. L’auteure met en scène trois protagonistes – une victime, un témoin, et une enquêtrice – que l’on suit en alternance au fil des chapitres.

La victime, c’est Cassie Jensen, une jeune femme enceinte, plongée dans le coma après avoir été renversée par un automobiliste. Son pronostic vital reste incertain, mais l’équipe médicale met tout en œuvre pour la maintenir en vie et faire en sorte que la grossesse arrive à terme. Cassie nous parle de son passé, de ses rapports avec sa famille et ses proches, et des événements qu’elle a vécu jusqu’à l’accident et sa perte de connaissance.

Frank aussi est hospitalisé dans la même unité de soins intensifs que Cassie. Victime d’un accident vasculaire cérébral, il est atteint du syndrome d’enfermement. Il est parfaitement conscient mais complètement paralysé. Il entend tout, et notamment certaines paroles indiscrètes prononcées au chevet de Cassie. Témoin auditif bien malgré lui de certaines révélations, comment les exprimer quand on ne peut que cligner les paupières ?

Alice Taylor est l’infirmière en chef du service de soins intensifs. Elle exerce son métier avec beaucoup de méticulosité et prend à coeur le bien-être de ses patients.
Plus souvent à leur chevet que les médecins, elle est persuadée qu’il est possible de communiquer avec Frank, et ressent un lien émotionnel avec Cassie au point de s’en inquiéter, jusqu’à l’obsession, et tenter d’élucider les circonstances de son accident.

Emily Elgar parle peu de l’enquête policière. Elle tresse et imbrique intelligemment les trois volets de cette histoire, souvent de manière émouvante, et suffisamment pour entretenir le suspense. Des événements inattendus et retournements de situations sont également présents pour dérouter le lecteur et le tenir en haleine jusqu’au bout.

Personnellement, j’ai trouvé le personnage de Frank particulièrement attachant dans son syndrome d’enfermement. L’empathie à son égard est omniprésente aussi bien quand il fait le bilan de sa vie et des erreurs qu’il a commises, que quand il s’acharne à améliorer son état. On voudrait le féliciter du moindre progrès obtenu et l’encourager à poursuivre ses efforts.

En fait, chacun des trois protagonistes principaux vit un drame. Le récit est aussi bien un drame qu’un thriller psychologique. Et c’est la combinaison des deux qui le rend passionnant et convaincant.




Diplômée en anthropologie sociale à l’université d’Édimbourg, Emily Elgar, trente-six ans, a un parcours varié : rédactrice de guides de voyage, conseillère pour les travailleuses du sexe à Londres, organisatrice de manifestations en faveur du développement durable... Une présence dans la nuit est son premier roman, très remarqué en Angleterre.



UNE PRÉSENCE DANS LA NUIT  -  Emily Elgar

BELFOND  -  Collection LE CERCLE  -  Novembre 2018

mardi 4 septembre 2018

EVIE - K.L.SLATER


Quatrième de couverture :

La personne que vous aimez le plus au monde est en danger...
Il y a trois ans, la petite Evie, 5 ans, a disparu en sortant de l’école. La police n’a jamais réussi à la localiser. Aucun indice, aucune piste. Rien. La petite s’est évaporée. Mais Toni le sait : sa fille est vivante. Encore faudrait-il qu’elle puisse l’exprimer ! Car Toni est enfermée dans un terrible silence. Personne ne l’écoute, personne ne l’entend. Pourtant, Evie a besoin d’elle. Toni doit réaliser l’impossible si elle veut la sauver.
Mon avis :
Toni Cotter et sa fille de cinq ans, Evie, viennent de déménager à Nottingham, dans le nord de l’Angleterre, pour se rapprocher de la mère de Toni. Pour elles deux, ceci constitue un nouveau départ dans la vie, après la mort accidentelle de son mari en mission en Afghanistan.
Même avec l’aide de sa mère, Toni a du mal à surmonter sa peine et à s’adapter à sa nouvelle vie. Elle pense pouvoir s’en sortir en prenant les médicaments de son mari, mais cela ne fait qu’aggraver la situation : oublis, négligence...
Dos au mur et les finances au plus bas, Toni finit par trouver un emploi dans une agence immobilière. Evie rentre à l’école primaire locale, mais d’une petite fille heureuse et pétillante, elle devient difficile et renfermée.
Vient alors ce jour affreux, probablement le pire cauchemar de tout parent. Toni a tardé à récupérer sa fille à l’école car sa maman est hospitalisée. Quand elle arrive enfin, l’école est fermée, et aucune trace d’Evie. Prise de panique, Toni s’effondre. Son monde explose.
Les enquêtes ne mènent nulle part, et trois ans plus tard, on ignore toujours où se trouve Evie. La police ne sait même pas si elle est encore en vie ou non, mais Toni est convaincue qu'elle est toujours vivante et déterminée à la retrouver.
K.L. Slater commence son récit d’une façon particulièrement accrocheuse.
« Quand tu t’apercevras que ton enfant a disparu, tu croiras connaître le pire ; Très vite viendra ce sentiment insidieux, comme si tu te vidais de ton sang, que tu n’y peux rien, absolument rien. Tu le sentiras s’écouler, et rien ne peut l’arrêter. Mais, à ce stade, tu te fiches pas mal de ce qui peut t’arriver. Tu ne penses qu’à elle, ton bébé. »
L’histoire se déroule entre Trois ans plutôt et Présent, ce qui vous maintient sur vos gardes et entretient le suspense. La disparition de Evie est un vrai mystère d’autant que plusieurs personnages sont suspects et pourraient très bien être impliqués. Le jeu consiste à vous faire croire une chose, mais faites attention à ce que vous croyez car il pourrait bien s’agir de fumée et de miroirs. Je trouve l’intrigue extrêmement intelligente, avec de multiples rebondissements et un twist final génial que je n’ai absolument pas vu venir. Méfiez-vous de ce que vous pensez voir et savoir car tout peut changer rapidement en un clin d’oeil.


K.L. Slater est une figure incontournable du suspense psychologique en Angleterre. Comparée à Paula Hawkins (La Fille du train) et à B.A. Paris (Derrière les portes), elle a écrit six romans, dont Evie est le premier à paraître en France. Elle vit à Nottingham, où est situé le roman.


EVIE  -  K.L.SLATER
MILADY  -  16/08/2018

jeudi 23 août 2018

THE GIFT - Louise JENSEN


Quatrième de couverture :

À trente ans, Jenna reçoit un nouveau cœur et voit sa vie entièrement chamboulée. L’opération l’a sauvée, mais marque le début d’une longue descente aux enfers  : cauchemars, paranoïa, impression d’insécurité. Est-elle victime d’un syndrome post-traumatique  ? Ou un lien s’est-il noué avec sa donneuse, Callie, la forçant à vivre des souvenirs qui ne sont pas les siens  ?
C’est ce que Jenna est déterminée à découvrir. Malgré les avertissements de ses proches, elle prend contact avec la famille de Callie. Qui était-elle  ? Est-elle vraiment morte dans un accident  ? Jenna est convaincue qu’on lui cache quelque chose, mais enquêter risque de tout lui coûter  : ses amis, sa santé mentale et même sa propre vie…

Mon avis :

Dans ce livre, l’auteur se base sur une affirmation de certains professionnels de la santé à propos d’une mémoire cellulaire. Ceux-ci affirment que certains patients qui ont bénéficié d’une transplantation d’organes – le coeur en particulier – peuvent acquérir les traits ou ressentir les sentiments et les souvenirs de la personne dont ils ont reçu les organes.
Louise Jensen incorpore ce phénomène dans un thriller psychologique où il est question de chantages, secrets de famille, mensonges, tromperies, …

Bien que la lecture soit rendue fluide et dynamique par des chapitres courts, ce qu’il faut d’action et de suspense, je dois bien avouer que je ne suis jamais parvenu à rentrer complètement dans ce roman. Je ressentais bien une réelle compréhension des motivations de Jenna et sa fixation croissante sur sa donneuse, mais j’étais plutôt consterné que Callie soit décrite comme un peu trop belle pour être vraie. De même, malgré l’intention de l’auteur de nous pousser à suspecter Nathan, le fiancé de Callie, lui aussi restait fade et plutôt oubliable. Les autres personnages ne suscitaient pas plus d’empathie. La tension et le suspense ne parvenaient pas à décoller malgré que de nouvelles vérités fussent exposées. Et je me demandais finalement si je n’allais pas passé à autre chose. Mon intérêt pour le livre ne tenait qu’à une chose : quelles sont les raisons de la mort de Callie ? , et que veut-elle faire comprendre à Jenna ?

Une des clés de la réussite d’un récit tient à la crédibilité de l’histoire. Louise Jensen traite d’un sujet qui semble plutôt controversé. Si cette théorie de la mémoire cellulaire a de plus en plus d’adeptes parmi les férus de thérapies parallèles, elle n’a par contre aucun fondement scientifique et les vrais médecins n’y croient pas un instant. Certes chacun est libre de croire en ce qu’il veut. Personnellement je n’y crois pas , et c’est sans doute aussi la raison pour laquelle je n’ai pas adhéré à l’histoire.

A côté de cette théorie, Louise Jensen soulève toutefois des questions éthiques fondamentales que l’on est en droit de se poser à propos des transplantations d’organes.
Un receveur peut-il avoir accès au dossier médical ou à l’identité du donneur ? Cela ne risquerait-il pas justement, suite à la connaissance de certaines informations liées au passé du donneur, d’avoir un impact sur la santé mentale du receveur, compte tenu aussi de son état émotionnel exacerbé et des effets secondaires possibles des puissants immunosuppresseurs qui font partie du traitement de longue durée.

The Gift reste une lecture engageante, moins émotive et passionnante que ce à quoi je m’attendais, pour autant que vous soyez prêt à admettre une proposition qui reste fort discutable.


THE GIFT  -  Louise JENSEN
BMR  -  20/07/2018


mercredi 11 juillet 2018

LE SILENCE POUR TOUJOURS - Stuart NEVILLE


Je retrouve avec plaisir un auteur dont je suis devenu fan, Stuart Neville, dont le dernier livre sorti en 2017, Le silence pour toujours, est en fait le quatrième de la série Jack Lennon, ce flic catholique qui n’a pas hésité à exercer son métier au sein de la police à majorité protestante d’Irlande du Nord.

Étant donné les allusions aux tomes précédents et les personnages récurrents, je ne saurais trop recommander de lire cette série dans l’ordre de parution : Les Fantômes de Belfast, Collusion, Âmes volées, et Le Silence pour toujours.

Stuart Neville nous propose une fois de plus une histoire bien noire, où les règlements de compte sont encore et toujours l’héritage du passé peu glorieux que Belfast a connu.

Quand il était jeune, il n’y voyait guère plus qu’une grosse agglomération, avec ses usines mortes ou moribondes, ses citoyens dressés les uns contre les autres au milieu de ruines. Des gens si pleins de haine qu’ils ne comprenaient pas que leur véritable ennemi était la pauvreté contre laquelle ils auraient dû s’unir. Au lieu de quoi, ils se retranchaient dans des mondes où Eux s’opposaient à Nous, ils élevaient des barricades, et laissaient le sang couler.

On retrouve Jack Lennon, flic toujours sur pied, mais boitant bas, accro aux analgésiques, en congé de maladie et risquant la suspension suite à une fusillade avec un autre officier qui tentait de l’assassiner (Âmes volées). Heureusement pour lui, son nouveau superviseur, la DCI Serena Flanagan, semble être complètement honnête et exempte de tout lien passé douteux, ce qui s’avère exceptionnel dans le monde de Lennon. Toutefois elle se méfie beaucoup de lui, étant donné ses états de service et les accusations dont il fait l’objet.

Ainsi, Jack n’est pas en pleine forme quand il est contacté par une ex, Rea Carlisle. Elle vient de découvrir dans la maison d’un oncle décédé un album atroce relatant des assassinats dont l’oncle a été complice au fil des années. Le propre père de Rea, un éminent politicien unioniste, membre de l’Assemblée d’Irlande du Nord, apparaît aussi sur une photo, ce qui devient un élément particulièrement compromettant pour la suite de sa carrière. Le temps qu’un Jack sceptique vienne la voir, l’album a été volé. Peu après sa visite, Rea est sauvagement assassinée, et Jack est le dernier à avoir été vu entrant chez elle.

Dans ce quatrième tome, Stuart Neville place enfin Jack Lennon comme personnage principal de l’intrigue. Jack va de plus en plus mal et n’arrive plus à concilier son boulot de flic et sa vie personnelle dont la garde de sa fille fait partie. Chaque jour qui vient lui apporte de nouveaux lots d’emmerdes, toutes plus graves les unes que les autres. Mais cela ne freine pas son obstination. Lennon veut absolument comprendre ce qui est arrivé à Rea et au livre avant qu’il ne perde non seulement son travail, mais aussi sa liberté et sa fille.

Neville a cette capacité de pouvoir attirer le lecteur dès la toute première page et l’accrocher davantage au fil des chapitres. Personnes sensibles s’abstenir. Neville n’a pas peur de la violence, des personnages corrompus, ni des développements controversés de l’intrigue. Tout cela rend ses histoires plus réalistes et passionnantes.

Jack Lennon apparaît comme un héros particulièrement humain, tant les actions qu’il entreprend et les décisions qu’il prend sont imparfaites, et pourtant si humaines. Sa relation et son amour évident pour sa fille Ellen peuvent être la seule chose pure qui soit dans son existence.
La même chose peut être dite pour la plupart des personnages de cette série. Ils sont tous humains et reconnaissables à cause de leurs défauts, de leurs préjugés et de leurs erreurs autant que de leurs traits les plus admirables. Leur santé, leurs antécédents, leur statut social influencent leur fonctionnement. En conséquence, le livre a beaucoup plus de profondeur qu’un thriller moyen.

Bref, c’est un livre pour tous ceux qui aiment une histoire en profondeur, passionnante, bien écrite par un auteur qui tisse de la magie avec ses mots.





LE SILENCE POUR TOUJOURS  -  Stuart NEVILLE
Editions PAYOT & RIVAGES  -  2017
Format poche : Editions RIVAGES  -  Collection RIVAGES/NOIR  -  14/02/2018

lundi 25 juin 2018

UNE SECONDE DE TROP - Linda GREEN


Quatrième de couverture :

Un seconde de trop et vous perdez tout. Un, deux, trois... Lisa Dale ferme les yeux et compte jusqu'à cent lors d'une partie de cache-cache avec sa fille. Lorsqu'elle les rouvre, Ella, quatre ans, a disparu. Sans laisser la moindre trace. La police, les médias et la famille de Lisa font corps pour retrouver la fillette. Mais si leur instinct les éloignait d'Ella ? Et si le ravisseur était connu d'eux tous ? Suspense psychologique addictif, Une seconde de trop explore la culpabilité d'une mère et le cauchemar de tout parent : la disparition d'un enfant. Numéro un des ventes dès sa parution, et acclamé par la presse, ce roman vous glacera le sang. Une lecture puissante dont vous ne sortirez pas indemne.

Mon avis :

Une fois n’est pas coutume, je dois bien reconnaître que ce thriller psychologique ne m’a pas vraiment convaincu. Pourtant j’admets qu’il y a du suspense et que je l’ai lu facilement et rapidement, désireux d’en connaître l’épilogue. Serait-ce alors dû à la monotonie que j’ai ressentie à certains moments, au manque de rebondissements de l’intrigue ?

L’histoire commence plutôt bien. On fait la connaissance de Lisa, mère d’une quarantaine d’années, dont on imagine facilement la vie trépidante, partagée entre son boulot et la cellule familiale, attentionnée et attentive aux désirs et besoins de ses enfants, tout en ayant le portable à l’oreille pour répondre à un client. Prévenu par le résumé, je sens néanmoins le drame qui se pointe et l’addiction au livre qui prend forme. D’un instant à l’autre apparaissent l’inquiétude, la peur, le déni et la tension ressentis par la mère qui se culpabilise d’avoir perdu son enfant, sentiments ensuite partagés par les autres membres de la famille avec qui on partage ces journées stressantes.

Une seconde de trop constitue néanmoins une réflexion intéressante sur l’amour maternel, la perte d’un enfant, les liens entre une mère et son enfant.

Avant même votre cerveau, c’est votre corps qui se rend compte que vous avez perdu votre enfant. Le cordon ombilical invisible qui vous lie tous les deux se rompt. A l’intérieur de vous, tout s’amollit et se relâche. Et ce n’est qu’à cet instant que votre cerveau enregistre ce qui se passe. Il passe à l’action d’un coup, tâchant de convaincre votre corps qu’il se trompe. Vous faites bien sûr ce qu’il vous commande. Vous vous précipitez à l’aveuglette dans toutes les directions et vous tirez, tirez, tirez encore sur le bout de cordon qui reste en vous. Avec l’espoir qu’en y mettant suffisamment d’énergie, à force de crier, de hurler et de donner des coups de pied, vous pourriez peut-être, qui sait, encore y trouver votre enfant, si seulement vous parveniez à atteindre l’autre bout.

Mais l’auteur examine aussi le côté le plus dur de la société, comment les gens sont perçus par ceux qui n’ont qu’une idée des faits. Muriel, la seconde narratrice, dont le témoignage alterne avec celui de Lisa, représente bien ces personnes qui feraient bien de balayer devant leur porte. Muriel est une femme dominatrice, qui veut tout régenter tout le temps. En témoignent les extraits du journal intime de Matthieu, le fils de Muriel, qui nous parle de ses rapports conflictuels avec sa mère autoritaire et de ses états d’âme qui en découlent.
On prend conscience aussi du rôle de la presse et des réseaux sociaux qui influencent si facilement le jugement de la société. Les antécédents familiaux de Lisa sont scrutés, son frère est considéré comme suspect à cause de son esprit rebelle et d’agissements antérieurs, son père instable, …

Je ne peux en dire trop au risque de dévoiler une partie de l’intrigue. Mais malgré mon aventure livresque plutôt moyenne, je tiens malgré tout à dire que ce thriller psychologique tient la route jusqu’au bout, suscitant chez le lecteur une compassion vis-à-vis des parents qui ont perdu leur enfant, l’envie de voir aboutir l’enquête policière, et la crainte que le ravisseur fasse du mal à l’enfant. Un bon moment de lecture au bout du compte !




Linda Green est journaliste et a collaboré à The Guardian et The Independent. Elle vit aujourd'hui dans les West Yorkshire avec son mari et son fils de onze ans.



UNE SECONDE DE TROP  -  Linda GREEN
PRÉLUDES Editions  -  23/05/2018

mardi 12 juin 2018

ÂMES VOLÉES - Stuart NEVILLE


Quatrième de couverture :

L'inspecteur Jack Lennon aurait bien aimé passer Noël avec sa fille, mais la police de Belfast est confrontée à un trafic de filles venues de l'Est, orchestré par des Lituaniens alliés à un groupe de Loyalistes. Galya, jeune prostituée ukrainienne, a pris la fuite après avoir tué l'un des deux chefs du gang. Lorsque le corps de Tomas est découvert, son frère Arturas n'a plus qu'une pensée en tète : rattraper Galya et assouvir sa vengeance. Que faire quand on est sans papiers dans un pays inconnu, qu'on a tué un homme et qu'on est poursuivie par des Lituaniens enragés ? Se tourner vers un protecteur. Galya a confiance en ce mystérieux client qui lui a promis de l'aider. Ce que la jeune fille ne sait pas, c'est que cet homme représente la pire menace qu'on puisse imaginer. Dans ce troisième volume de la trilogie de Belfast, on retrouve l'inspecteur Jack Lennon aux côtés d'une héroïne inoubliable qui lutte pour sauver sa vie.

Mon avis :

Me replonger dans les aventures de Jack Lennon reste un vrai plaisir tant j’affectionne particulièrement le style de l’auteur, Stuart Neville. Âmes volées est le troisième tome de cette série, publié en français par les Editions Rivages en 2013, et réédité en format poche dans la collection Rivages/Noir en 2017.

Comparé aux deux tomes précédents, dont le second est vraiment la suite du premier, celui-ci est en quelque sorte une autre aventure de l’inspecteur Jack Lennon, et peut dès lors être lu séparément, même si quelques allusions font référence aux tomes précédents, de même que la présence de l’un ou l’autre personnage récurrent.
L’histoire se déroule une fois de plus en Irlande du Nord, même si les thèmes développés sont l’esclavagisme moderne et la traite des êtres humains, thèmes malheureusement non spécifiques à ce pays.

D’emblée on rentre dans un récit captivant où une jeune prostituée poignarde un redoutable malfrat qui n’est autre que le frère d’un chef de gang respecté.
Accrochez les ceintures, ça secoue ! Ça secoue d’emblée, et loin de se calmer le rythme s’accélère tout du long. Stuart Neville utilise à bon escient les codes du genre pour entretenir le suspense et captiver son lecteur : chasse à l’homme (et à la femme), règlements de comptes, courses poursuites, flics véreux, truands sans morale, ...
Neville a le sens du rythme, une maîtrise impressionnante du tempo et du découpage du récit au service d’un suspense implacable.
Par rapport aux tomes précédents, il développe le côté thriller par l’introduction d’un personnage psychopathe, pasteur illuminé, instrument du Seigneur, qui se croit chargé d’une mission divine en sauvant les âmes des prostituées. Âmes sensibles et coeurs fragiles s’abstenir.



Parmi les personnages suscitant le plus d’empathie, il y a évidemment l’inspecteur Jack Lennon, flic rejeté par sa famille et ses collègues, pour être un catholique travaillant dans la police protestante d’Irlande du Nord. Après avoir perdu sa femme, il essaie d’assumer son rôle de père vis-à-vis de sa fille Ellen, un semblant de vie de famille pas toujours conciliable avec son boulot de flic et la charge de travail imposée par ses supérieurs et collègues dont certains n’hésitent pas à accepter des dessous-de-table de la pègre pour arrondir leurs fins de mois. Malgré ses faiblesses, Jack refuse toute compromission et corruption, ce qui ne fait qu’accentuer ses conflits avec sa hiérarchie.

Galya, la jeune prostituée, est l’exemple type de fille subissant la prostitution. Ukrainienne, issue d’une famille défavorisée, elle accepte les propositions d’émigration vers l’Irlande du Nord afin d’y trouver un emploi bien rémunéré et venir en aide à sa famille. Non seulement des individus peu scrupuleux en ont décidé autrement, mais en plus elle tombe dans les griffes d’un psychopathe qui prétend la délivrer. Forte et courageuse , elle va faire preuve d’acharnement pour rester en vie. Ses pleurs et ses appels à l’aide à sa mama sont bouleversants.

Quant aux méchants, je citerai principalement Arturas Strazdas et Herkus, son homme de main. Arturas est le chef du gang lituanien. Élevé par une mère tyrannique, il n’a aucun respect pour la vie humaine mais voue à sa mère une obéissance absolue lorsque celle-ci réclame vengeance pour le meurtre de son fils. Arturas semble même content d’être débarrassé d’un frère instable, bagarreur, souvent source d’ennuis, mais il tremble en entendant la voix de sa mère, allant même jusque mettre sa vie en danger pour la satisfaire.

Herkus est un ex-militaire, gros gabarit, fumier sans états d’âme, l’exécuteur des basses besognes pour le compte de Arturas.

Âmes volées est un polar/thriller qui ne s’oublie pas de sitôt, qui secoue, qui laisse des traces, pour notre plus grand plaisir.



ÂMES VOLÉES  -  Stuart NEVILLE
Editions RIVAGES  -  2013
Format poche - Editions RIVAGES/NOIR  -  04/01/2017

dimanche 27 mai 2018

COLLUSION - Stuart NEVILLE


Retour dans la bibliographie de Stuart Neville, un auteur d’origine irlandaise que j’ai découvert avec Silver Water, écrit sous le pseudonyme de Haylen Beck, et avec Les Fantômes de Belfast, premier roman de la série Jack Lennon, publié en 2009.

Collusion, second ouvrage de l’auteur, publié en 2010 et en français en 2012, est aussi le deuxième tome de la série Jack Lennon et constitue vraiment une suite. L’histoire se déroule trois mois plus tard en reprenant les mêmes personnages. Il apparaît donc absolument nécessaire d’avoir lu son premier roman Les Fantômes de Belfast pour aborder celui-ci.

Après avoir enfin calmé les voix obsédantes de ses victimes, en tuant les commanditaires des assassinats qu’il a commis, Gerry Fegan, un tueur dérangé de l’IRA, fuit l’Irlande, non sans promettre à Marie et à sa fille de six ans Ellen une protection indéfectible. (Les fantômes de Belfast)
Mais Fegan, qui a fui à New York, a commis une erreur fatale en épargnant la vie de Bull O’Kane, un criminel impitoyable qui ne recule devant rien pour se venger. Il veut la mort de Fegan et des quelques témoins qui ont survécu à la fusillade sanglante et à son humiliation dans sa ferme frontalière.
Pour ce travail, Bull O’Kane choisit un tueur sans état d’âme, nommé Le voyageur. En capturant Marie et Ellen, il compte bien attirer Fegan dans un piège qui lui sera fatal.
De son côté, l’inspecteur Jack Lennon cherche aussi à les retrouver pour pouvoir enfin jouer son rôle de père auprès d’Ellen qui est sa fille.
Bull, devenu invalide, garde des amis corrompus en haut lieu. Par leur intermédiaire, Lennon se voit ordonner d’abandonner toute enquête sur le voyageur et son entreprise meurtrière. Bravant les intimidations de ses supérieurs, Lennon ne compte pas abandonner. Quant à Fegan, il se rend compte qu’il devra retourner à Belfast s’il veut protéger Marie et sa fille. Cette décision conduit ces quatre hommes vers une collision inévitable et un dénouement violent et tragique.



Dans ce second tome, l’auteur a repris les personnages survivants du premier, mais a surtout mis en scène Jack Lennon, qui tenait plutôt un second rôle, et le voyageur, absent du premier opus.

On fait donc plus ample connaissance avec ce policier, père de la petite Ellen, qu’il a refusé de reconnaître du fait que sa mère était protestante. Bourré de remords, il va donc tout faire pour les retrouver et les protéger. C’est à travers lui que s’articule la majeure partie du roman.

Pour supplanter Gerry Fegan, à la fois héros et tueur malade dans sa tête, il lui fallait un alter ego encore plus abominable. Le voyageur est le personnage central du livre, un sociopathe de la pire espèce, qui n’a aucune considération pour la vie humaine, ni pour la sienne puisque même blessé il préfère poursuivre ses proies plutôt que de se faire soigner. Son inhumanité terrifiante justifie amplement le classement du livre dans la catégorie thriller et roman noir.

Ellen, la petite fille de six ans, apporte un peu de fraîcheur dans cette histoire bien sombre. Ses rêves prémonitoires qui la hantent régulièrement donnent aussi un côté fantastique au récit.

L’équilibre entre thriller, roman noir, et fantastique est assez intéressant et contribue à faire de Collusion un roman bien ficelé que j’ai eu du mal à lâcher.
J’ai donc beaucoup apprécié ce livre, et j’aborderai prochainement avec beaucoup de plaisir la suite des aventures de Jack Lennon, avec le troisième livre de Stuart Neville, Les âmes volées.



Stuart Neville est un écrivain britannique (Irlande du Nord) né à Armagh en 1972.
Il étudie la musique à l'université, puis devient professeur de guitare, vendeur d’instruments de musique et webdesigner avant de devenir auteur de polars.

COLLUSION  -  Stuart NEVILLE
Editions RIVAGES 2012
Format poche RIVAGES/NOIR 2015


lundi 21 mai 2018

SOUS NOS YEUX - Cara HUNTER


Quand Daisy Mason, huit ans, disparaît d’un barbecue familial, personne ne s’aperçoit qu’elle est partie, et même ses parents ne se souviennent pas de la dernière fois qu’ils l’ont vue. Comment un enfant si apprécié peut disparaître sans laisser de traces ?
C’est le puzzle que l’inspecteur principal Adam Fawley et son équipe d’enquêteurs doivent comprendre. Et le peu d’indices s’avère particulièrement frustrant.

Sous nos yeux est le premier livre de Cara Hunter, et le premier d’une nouvelle série policière dont le protagoniste principal, l’inspecteur Adam Fawley, est un personnage intéressant, imparfait comme tant d’autres détectives intelligents, troublé par un événement familial dont l’auteur ne livre que quelques indices, suscitant suffisamment d’empathie pour le rendre attachant. Mais ce qui est primordial, c’est son dynamisme et son ambition pour un travail bien abouti. Le fait qu’il soit constamment contrarié par ce cas complexe rend la lecture fascinante. Les indices découverts au fil de l’enquête sont la source de nombreux rebondissements qui perturbent aussi bien les enquêteurs que le lecteur aguerri. Je ne vous dis pas le nombre fois où je croyais l’enquête résolue, alors qu’elle virait une fois de plus dans une direction que je n’avais pas imaginée.



Complexe et alambiqué, ce drame psychologique examine le contexte de l’affaire et les événements qui ont mené à la disparition de Daisy par quelques retours ponctuels dans le passé, tout en laissant l’enquête bien présente dans l’imagination.
Moins vous en saurez à propos de cette histoire, plus vous en apprécierez la lecture.
Ce qui est certain, c’est que Cara Hunter sait comment manipuler une intrigue compliquée. Le mystère au coeur du roman rend sa lecture fascinante.

Sous nos yeux m’a tenu en haleine, depuis son prologue poignant, jusqu’à sa conclusion dramatique et inattendue, et est sans aucun doute le début prometteur d’un nouvel auteur talentueux.



Cara Hunter vit à Oxford, dans une rue qui ne ressemble en rien à celles qu'elle décrit dans ses romans. Servi par un suspense intense et une mécanique implacable, Sous nos yeux, son premier roman, ravira les fans de Lisa Gardner (Famille parfaite) et de Shari Lapena (Le couple d'à côté).


SOUS NOS YEUX  -  Cara HUNTER
BRAGELONNE  -  16/05/2018