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vendredi 3 mai 2019

L'EMPREINTE - Alexandria MARZANO-LESNEVICH



Présentation de l’éditeur :

Étudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l'épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n'aura alors cesse d'enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable. 

Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l'autobiographie et du journalisme d'investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d'éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l'on imagine. Aussi troublant que déchirant. 

Qu’en penser ?

Parmi les choses insoutenables que l’on refuse particulièrement de s’imposer dans un roman, il y a l’assassinat d’un enfant. C’est pourtant non seulement le point de départ, l’élément central, mais aussi la tentative d’achèvement de ce roman.
L’empreinte est un roman complexe, très particulier, inclassable. Un récit d’une humanité profonde, à la fois roman noir, enquête journalistique criminelle et autobiographie. Un titre qui sonne tellement juste, comme l’empreinte profonde qu’il laisse sur le lecteur, l’empreinte des blessures du passé sur nos vies.

En juin 2003, Alexandria Marzano-Lesnevich a 25 ans. Elle est étudiante en droit à Harvard et commence un stage dans un cabinet de défense de la peine de mort à La Nouvelle Orléans. Elle se retrouve face à une affaire qui va changer le cours de sa vie, celle du meurtre du petit Jeremy, 6 ans assassiné en Louisiane en 1992, par Rick Langley. Ce dernier est un prédateur sexuel récidiviste qui échappe à la chaise électrique.

Bien qu’étant opposée à la peine de mort, Marzano s’étonne de sa réaction viscérale. Au fond de ses tripes, elle souhaite la mort de Langley. La descente dans la psyché et les mécanismes du tueur d’enfants éveillent, chez elle, l’écho de sa propre histoire. Celle d’avoir été abusée sexuellement par son grand-père lorsqu’elle était enfant. Ce sont alors les fils narratifs qui s’entremêlent, deux investigations sur dix ans de réflexion. L’un, documentaire, l’autre, autobiographique. L’auteure entraîne le lecteur dans sa réflexion sur des sujets dérangeants. La culpabilité, l’inceste, la peine de mort, la vengeance, le pardon, la résilience, le poids du silence et ses conséquences, les blessures qui se transmettent de générations en générations, la complexité de l’amour, le sentiment d’appartenance, la trahison.

Un roman bouleversant, dérangeant, que l’on referme la gorge nouée.

"J’ai toujours cru que c’étaient les mots de Lorilei* qui avaient incité le jury à épargner la vie de Ricky. Mais la vérité est plus complexe : elle ne lui pardonne pas, mais elle ne veut pas sa mort."
(* Lorilei = mère du petit Jeremy)

"Tous les documents que j’ai consultés m’ont permis d’imaginer Ricky, d’imaginer sa famille, de commencer à éprouver une certaine empathie à son égard. Je ne peux pas ne pas savoir – je ne peux pas ne pas affronter – ce qu’il a fait."

"Je commence à comprendre que je ne crois pas au fond que le fait que je sois contre la peine de mort – ou celui que d’autres soient pour – puisse se ramener à la raison. Il s’agit toujours de la même conviction simple, fondamentale : celle que chaque individu est une personne, quoi qu’il ait pu faire, et que prendre une vie humaine est mal."




Alexandria Marzano-Lesnevich est la fille de deux avocats. À l’instar de ses parents, elle a fait des études de droit avant de s'en détourner pour des raisons qui nourrissent son oeuvre.
Alexandria Marzano-Lesnevich est l’autrice de L’Empreinte, salué par la critique, notamment par The Guardian. Amazon a désigné L’Empreinte comme un des meilleurs livres de 2017.
Ce premier récit littéraire lui vaut de remporter le prix du livre étranger JDD / France Inter 2019, le Chautauqua Prize ainsi que le Lambda Literary Award for Lesbian Memoir en 2018. Elle a également reçu un Rona Jaffe Award en 2010 (un prix qui récompense chaque année des autrices débutantes) ainsi que plusieurs bourses et résidences d'artistes. 
Passionnée par l’écriture et le journalisme, elle a contribué à des journaux prestigieux tels que The New York Times ou Oxford American. Alexandria Marzano-Lesnevich a collaboré avec d’autres autrices pour proposer une anthologie intitulée Waveform: Twenty-First-Century Essays by Women célébrant le rôle des femmes essayistes dans la littérature contemporaine.
Alexandria Marzano-Lesnevich vit à Portland dans le Maine et enseigne la littérature.




L'EMPREINTE  -  Alexandria MARZANO-LESNEVICH

SONATINE  -  10/01/2019

mercredi 24 avril 2019

NOVEMBER ROAD - Lou BERNEY



Quatrième de couverture :
Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.
Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.
Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même. Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque.
Alors, Guidry prend le risque.
Il s’arrête.

Qu’en penser ?
L’histoire se déroule en novembre 1963, dans les jours qui ont suivi l’assassinat de John F. Kennedy. L’un des deux principaux protagonistes est Frank Guidry, bien connu parmi la société de La Nouvelle-Orléans, et lieutenant du mafieux Carlos Marcello. Quelques semaines avant l’assassinat, Guidry exécuta ce qui semblait être à l’époque un service plutôt inconséquent pour Marcello. Mais au moment où Guidry apprend la mort de JFK à Dallas, il se rend compte que la tâche qu’il a accomplie était tout sauf insignifiante.

Connaissant Marcello, et sachant que toute personne pouvant être mêlée de près ou de loin à cet assassinat risque fort d’être éliminée, Guidry décide de prendre la fuite. Il espère pouvoir se faire aider par un vieil ami à Las Vegas, mais sait très bien que le défi est de taille, tant Marcello a des yeux et des oreilles dans tout le pays.

La deuxième protagoniste du livre est Charlotte Roy, femme au foyer et mère de deux filles, habitant dans un bled paumé de l’Oklahoma. Charlotte en a marre d’être enfermée, de cette vie terne, et de son mari alcoolique. Elle a envie de vivre dans un endroit où il n’est pas difficile de faire la différence entre le passé et le futur.
Ainsi, pratiquement sur un coup de tête, décide-t-elle de faire ses bagages et d’emmener ses filles et le chien pour commencer une nouvelle vie en Californie.
Leur chemin va croiser celui de Frank. N’est-ce pas pour lui la meilleure façon de passer inaperçu, dans la peau d’un père de famille, tandis qu’un tueur à gages est à la recherche d’un loup solitaire ?

Lou Berney réussit l’exploit d’immerger le lecteur au début des années soixante. Les attitudes et l’atmosphère se ressentent parfaitement bien. Les descriptions des petites villes mythiques et typiques du sud des Etats-Unis sont remarquables.
C’est un roman absolument superbe, fin, subtil. L’histoire vous saisit dès la page d’accueil et refuse ensuite de vous laisser partir. Tout l’intérêt du roman tient dans la finesse psychologique de l’analyse des relations entre les personnages.
C’est à la fois un polar, un road-trip, et l’histoire de cette relation incroyable et complexe entre Charlotte et Frank, un mafieux qui finit par susciter tellement d’empathie, des personnages tellement attachants qu’on n’est pas près de les oublier.



Lou Berney vit dans l'Oklahoma. Il est l'auteur de cinq romans, dont le dernier, November Road, est le premier traduit en français.

NOVEMBER ROAD  -  Lou BERNEY
HARPER COLLINS  -  06/02/2019





dimanche 6 janvier 2019

DÉMONS - Marc LAINE


Quatrième de couverture :

Lieutenant de police judiciaire à Avignon, Maxime porte sur son visage la marque du démon. Sept profondes cicatrices, de la tempe au menton, qui le font passer inaperçu parmi les voyous et lui ont laissé l'âme balafrée. Le Mal, il le connaît. Le reconnaît. D'instinct. Mais cette scène de crime dépasse de loin ses talents de chasseur. Pendu à des crocs de boucher, un homme a été proprement massacré. Le premier d'une longue série qui mènera Maxime aux portes de l'enfer. Et celles-ci ne s'ouvrent pas impunément...



Mon avis :

Maxime Delonge, jeune lieutenant de police à la brigade judiciaire d’Avignon, se voit confier une enquête après la découverte dans un entrepôt d’un cadavre atrocement mutilé. Ce meurtre va s’avérer ne pas être un cas isolé mais le début d’une série d’actes barbares. Pour l’aider dans sa tâche, on lui adjoint une nouvelle partenaire, Stéphanie, lieutenant à la SRPJ de Marseille.
A eux deux ils vont devoir traquer un tueur qui se caractérise par la sauvagerie, la bestialité de ses actes, et un message qu’il laisse pour guider les enquêteurs. Malgré cela, ils piétinent. Doivent-ils chercher un monstre ? Une créature hideuse aux griffes acérées et au corps recouvert de poils ? Ou bien n’est-ce juste qu’un individu comme vous et moi ? Folie ou vengeance ? Ils vont devoir appréhender la noirceur de l’âme humaine.



Maxime et Stéphanie, les deux héros dont nous partageons le quotidien et les émotions, sont touchants et sympathiques, deux êtres torturés aussi par leurs propres démons. Est-ce d’ailleurs pour cela que l’auteur a intitulé son livre Démons, en référence à ceux que traînent les deux flics et au tueur lui-même ?

Maxime a connu une expérience bouleversante étant jeune, un traumatisme qui a fortement influencé le reste de sa vie. Il l’a marqué au fer rouge, laissant une trace indélébile sur son caractère, sa façon d’être. Il en résulte que Max est un jeune homme très sombre, sans cesse tourmenté par ses démons intérieurs.

L'intrigue est super bien menée. Le récit est précis et rythmé et le côté très psychologique de l'enquête est pour moi un plus dans cet ouvrage. Même si j'ai trouvé le démarrage un peu long, j'ai passé un très bon moment de lecture, ponctué de frissons devant la noirceur des actes criminels perpétrés, mais aussi avec beaucoup d'impatience pour découvrir le fin mot de l'histoire. Final d'ailleurs surprenant à souhait…




Marc Laine est lauréat du Prix VSD du polar 2016 et coup de cœur de Franck Thilliez pour son livre Démons. Sa carrière de gendarme l'aide à s'essayer à sa plus grande passion, l'écriture, et plus particulièrement vers un genre qui a baigné son parcours professionnel : le polar. Après Démons, il s'essaye à un nouveau genre avec une saga fantastique: Les Éphulones. Il vient de publier son deuxième polar, Flambeau, la suite des aventures du lieutenant Maxime Delonge.



DÉMONS  -  Marc LAINE

Editions LES NOUVEAUX AUTEURS  -   Juin 2016

Format poche : Editions POCKET  -  Juillet 2018

samedi 15 septembre 2018

BANDIDOS - Marc FERNANDEZ


Quatrième de couverture :
Le corps calciné d'une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid. Diego Martin, journaliste radio d'investigation, connaît la victime, rencontrée vingt ans auparavant... En Argentine. Jeune reporter à l'époque, il avait couvert l'assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.
Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d'écart. Il n'en faut pas plus au présentateur d'"Ondes confidentielles" pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires, où il retrouvera une femme qu'il n'a jamais pu oublier...
Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu'on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

Mon avis :
Après Mala Vida, l’affaire des bébés volés du franquisme, et Guerilla Social Club, où il est question de la dictature Pinochet en Argentine, Marc Fernandez reprend pour ce troisième opus ses personnages fétiches : Diego Martin, le journaliste et présentateur d’Ondes Confidentielles sur Radio Uno, Ana, la transsexuelle devenue détective privée, Lea, la journaliste free-lance, et Isabel, l’avocate devenue persona non grata en Espagne et qui s’est exilée à Buenos Aires où elle est à présent responsable juridique de l’association des Mères de la Plaza de Mayo.

Comme à chaque fois, l’auteur prend un fait réel comme point de départ à son roman, en l’occurrence pour celui-ci l’assassinat en 1997 d’un photographe de presse, tué pour avoir pris une photo qu’il ne fallait pas.
Dans son roman le photographe s’appelle Alex Rodrigo, tué en 1997 à Buenos Aires. Cette affaire semble avoir un lien avec un assassinat perpétré à Madrid en 2017 : lien de parenté entre les deux victimes, même modus operandi.

Buenos Aires, Madrid, des morts des deux côtés de l’Atlantique, tous liés par une ancienne histoire. Vingt ans, ce n’est rien et à la fois beaucoup. Mais le crime a ses raisons que la raison ignore. Diego a son idée sur le responsable de tous ces cadavres, une idée qui ne fait que se conforter de jour en jour et de mort en mort.
Force est de constater que l’Argentine, comme d’autres pays de l’Amérique Latine, est encore aux prises avec les vieux démons du passé et l’autoritarisme.

« Ce ne sont plus les militaires qui nous mettent en danger, ils ne sont plus là depuis un moment et c’est tant mieux. Mais d’autres les ont remplacés. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, qui font tout pour le garder, pour l’étendre. A tout prix. Même s’ils doivent piétiner pour cela nos droits les plus fondamentaux. Et quand je parle de pouvoir, ce n’est pas seulement le pouvoir politique auquel je pense, mais aussi et surtout le pouvoir économique. En gros, celui des plus riches. Les fusils se sont tus, c’est vrai. Ils ont été remplacés par un nouvel arsenal, moins visible mais tout autant, sinon plus dangereux : les transactions financières et les enveloppes de billets. Le dollar comme arme de destruction massive. L’argent fait plus de dégâts qu’une rafale de kalachnikov. »

Marc Fernandez nous plonge directement dans un récit haletant. La lecture est assez dynamique par le biais des allers-retours entre Madrid et Buenos Aires et l’intérêt que l’on porte à l’enquête menée par ses personnages qui suscitent beaucoup d’empathie.
Et c’est peut-être là que le bât blesse. Pour une affaire d’une telle importance, comme l’étaient aussi les sujets de ses précédents romans, en l’occurrence ici une atteinte à la liberté de la Presse, au droit de penser, de dire et d’écrire ce que l’on veut, j’ai eu parfois le sentiment de regarder un épisode de Charlie et ses drôles de dames. Le sujet méritait d’être plus approfondi. La fin de l’histoire et l’épilogue arrivent assez vite sans véritable surprise.

Néanmoins cela reste une lecture fort agréable et un témoignage intéressant sur le pouvoir en place et les déviances d’un autoritarisme post-dictatorial.




Marc Fernandez, cofondateur de la revue Alibi, consacrée au polar, est journaliste depuis plus de quinze ans.
Il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine au Courrier International. Il est également coauteur de plusieurs livres d’enquête (La ville qui tue les femmes, Hachette Littératures).
Bandidos est son troisième roman en solo, après Mala Vida et Guerilla Social Club.



BANDIDOS  -  Marc FERNANDEZ

PRÉLUDES  -  03/10/2018

lundi 18 juin 2018

LES CHIENS DE DETROIT - Jérôme LOUBRY


DÉTROIT A PERDU SES REPÊRES.
SES HABITANTS L’ABANDONNENT.
SES ENFANTS DISPARAISSENT.
2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…
__________

Il était une fois, dans un village reculé, une créature qu’on appelait le Géant de brume. Chaque nuit, lorsque la lune voilée par les nuages n’éclairait qu’à moitié, et que la brume humide léchait les maisons, il venait enlever les enfants qu’on ne revoyait jamais.

C’est en 1998 que commencèrent les premières disparitions. Sept enfants. Sept corps retrouvés, meurtris, sauvagement assassinés. L’enquête n’a jamais abouti. L’inspecteur Stan Mitchell qui en avait la charge subit encore maintenant les conséquences de cet échec. C’est aussi la raison pour laquelle il reconnaît rapidement la patte du tueur, en 2013, soit quinze ans plus tard, quand de nouvelles disparitions d’enfants sont signalées. Cette fois, c’est Sarah Berkhamp, jeune inspectrice, qui est chargée de cette nouvelle traque malgré elle, avec Stan pour adjoint. Le temps presse. Aucun cadavre n’est retrouvé. Où le Géant de brume cache-t-il les enfants ? Sont-ils vivants ?
L’auteur alterne deux enquêtes, celle de 1998 et l’actuelle. D’entrée de jeu, on assiste à l’arrestation du suspect. L’homme reste étonnamment calme malgré l’intervention armée et énergique des forces de l’ordre. « Aidez-moi. Vous êtes ma rédemption. » dit-il. Que signifient ces mots ?
Jérôme Loubry, dont c’est le premier roman, crée une ambiance particulièrement glauque en plantant le décor dans la ville américaine de Détroit, une ville frappée de plein fouet par la crise des subprimes, une ville désertée par ses habitants, où seuls les plus pauvres semblent rester, ceux qui n’ont pas les moyens de partir ou plus l’envie de tenter leur chance ailleurs. Les rues et les quartiers deviennent fantômes. Les toitures de milliers d’habitations s’affaissent en silence tandis que le bitume des routes se fissure de douleur. Les descriptions de l’auteur permettent une immersion du lecteur dans cette ville grise dont on ne sort pas indemne, et une comparaison évidente entre celle-ci et les personnages que la vie n’a pas épargnés.
L’inspecteur Stan Mitchell, aussi appelé Molosse à cause de sa corpulence trapue et puissante ainsi que de sa réputation de ne jamais rien lâcher, ne s’est jamais pardonné l’échec de la première enquête. Il devient alcoolique et violent, et en subit les conséquences : mariage raté, éloignement de son fils.
Sarah Berkhamp, jeune inspectrice, a aussi sa part d’ombre. Depuis l’enfance elle souffre d’une schizophrénie légère accompagnée d’hallucinations auditives, des voix qui lui dictent des impressions, impressions qui peu à peu vont donner un côté étrange mais que l’auteur arrive à rendre très plausibles, puisqu’elles nous guident vers la solution.
Les chiens de Détroit est un roman envoûtant, à l’atmosphère sombre et intense. Les chapitres courts, sans aucune fioriture, donnent à la lecture un rythme soutenu. Un vrai page-turner à dévorer avec délectation.

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie en 2017 son premier roman.
LES CHIENS DE DETROIT  -  Jérôme LOUBRY
CALMANN-LEVY  -  11/10/2017







mardi 12 juin 2018

ÂMES VOLÉES - Stuart NEVILLE


Quatrième de couverture :

L'inspecteur Jack Lennon aurait bien aimé passer Noël avec sa fille, mais la police de Belfast est confrontée à un trafic de filles venues de l'Est, orchestré par des Lituaniens alliés à un groupe de Loyalistes. Galya, jeune prostituée ukrainienne, a pris la fuite après avoir tué l'un des deux chefs du gang. Lorsque le corps de Tomas est découvert, son frère Arturas n'a plus qu'une pensée en tète : rattraper Galya et assouvir sa vengeance. Que faire quand on est sans papiers dans un pays inconnu, qu'on a tué un homme et qu'on est poursuivie par des Lituaniens enragés ? Se tourner vers un protecteur. Galya a confiance en ce mystérieux client qui lui a promis de l'aider. Ce que la jeune fille ne sait pas, c'est que cet homme représente la pire menace qu'on puisse imaginer. Dans ce troisième volume de la trilogie de Belfast, on retrouve l'inspecteur Jack Lennon aux côtés d'une héroïne inoubliable qui lutte pour sauver sa vie.

Mon avis :

Me replonger dans les aventures de Jack Lennon reste un vrai plaisir tant j’affectionne particulièrement le style de l’auteur, Stuart Neville. Âmes volées est le troisième tome de cette série, publié en français par les Editions Rivages en 2013, et réédité en format poche dans la collection Rivages/Noir en 2017.

Comparé aux deux tomes précédents, dont le second est vraiment la suite du premier, celui-ci est en quelque sorte une autre aventure de l’inspecteur Jack Lennon, et peut dès lors être lu séparément, même si quelques allusions font référence aux tomes précédents, de même que la présence de l’un ou l’autre personnage récurrent.
L’histoire se déroule une fois de plus en Irlande du Nord, même si les thèmes développés sont l’esclavagisme moderne et la traite des êtres humains, thèmes malheureusement non spécifiques à ce pays.

D’emblée on rentre dans un récit captivant où une jeune prostituée poignarde un redoutable malfrat qui n’est autre que le frère d’un chef de gang respecté.
Accrochez les ceintures, ça secoue ! Ça secoue d’emblée, et loin de se calmer le rythme s’accélère tout du long. Stuart Neville utilise à bon escient les codes du genre pour entretenir le suspense et captiver son lecteur : chasse à l’homme (et à la femme), règlements de comptes, courses poursuites, flics véreux, truands sans morale, ...
Neville a le sens du rythme, une maîtrise impressionnante du tempo et du découpage du récit au service d’un suspense implacable.
Par rapport aux tomes précédents, il développe le côté thriller par l’introduction d’un personnage psychopathe, pasteur illuminé, instrument du Seigneur, qui se croit chargé d’une mission divine en sauvant les âmes des prostituées. Âmes sensibles et coeurs fragiles s’abstenir.



Parmi les personnages suscitant le plus d’empathie, il y a évidemment l’inspecteur Jack Lennon, flic rejeté par sa famille et ses collègues, pour être un catholique travaillant dans la police protestante d’Irlande du Nord. Après avoir perdu sa femme, il essaie d’assumer son rôle de père vis-à-vis de sa fille Ellen, un semblant de vie de famille pas toujours conciliable avec son boulot de flic et la charge de travail imposée par ses supérieurs et collègues dont certains n’hésitent pas à accepter des dessous-de-table de la pègre pour arrondir leurs fins de mois. Malgré ses faiblesses, Jack refuse toute compromission et corruption, ce qui ne fait qu’accentuer ses conflits avec sa hiérarchie.

Galya, la jeune prostituée, est l’exemple type de fille subissant la prostitution. Ukrainienne, issue d’une famille défavorisée, elle accepte les propositions d’émigration vers l’Irlande du Nord afin d’y trouver un emploi bien rémunéré et venir en aide à sa famille. Non seulement des individus peu scrupuleux en ont décidé autrement, mais en plus elle tombe dans les griffes d’un psychopathe qui prétend la délivrer. Forte et courageuse , elle va faire preuve d’acharnement pour rester en vie. Ses pleurs et ses appels à l’aide à sa mama sont bouleversants.

Quant aux méchants, je citerai principalement Arturas Strazdas et Herkus, son homme de main. Arturas est le chef du gang lituanien. Élevé par une mère tyrannique, il n’a aucun respect pour la vie humaine mais voue à sa mère une obéissance absolue lorsque celle-ci réclame vengeance pour le meurtre de son fils. Arturas semble même content d’être débarrassé d’un frère instable, bagarreur, souvent source d’ennuis, mais il tremble en entendant la voix de sa mère, allant même jusque mettre sa vie en danger pour la satisfaire.

Herkus est un ex-militaire, gros gabarit, fumier sans états d’âme, l’exécuteur des basses besognes pour le compte de Arturas.

Âmes volées est un polar/thriller qui ne s’oublie pas de sitôt, qui secoue, qui laisse des traces, pour notre plus grand plaisir.



ÂMES VOLÉES  -  Stuart NEVILLE
Editions RIVAGES  -  2013
Format poche - Editions RIVAGES/NOIR  -  04/01/2017

samedi 20 janvier 2018

FANTAZME - Niko TACKIAN

Fantazmë… ça veut dire "spectre" en albanais…
C’est le surnom que donne la mafia albanaise à celui qui a le cran pour s’y attaquer, en torturant, mutilant, tuant les soldats d’une sorte de clan sous les ordres de Yuri Baric.
Parmi toutes les mafias qui contrôlent la région parisienne, Yuri a choisi la prostitution et le trafic d’êtres humains. Il a réussi à faire sa place et se faire respecter. Ce n’est pas un spectre vengeur qui va le déstabiliser et le ridiculiser aux yeux des autres. La traque s’annonce sanglante et sans pitié.
Après la découverte d’un homme battu à mort dans une cave du 18e arrondissement de Paris, et l’établissement d’une similitude avec le meurtre d’un dealer albanais, l’équipe du Commandant Khan va aussi se lancer dans l’enquête.
Cette fois, il est question de bourreaux qui deviennent victimes et de victimes qui deviennent bourreaux.

Je poursuis donc avec autant de plaisir et d’intérêt les aventures du Commandant Tomar Khan, enquêteur au 36 quai des orfèvres. Même si quelques allusions ont un rapport avec le livre précédent Toxique, je pense qu’il n’est pas nécessaire de l’avoir lu ( C’est dommage, mais il n’est pas trop tard pour y remédier ! ) pour comprendre ce deuxième opus. L’auteur revient d’ailleurs sur les traits de caractère et la psychologie de Tomar, le personnage central, un homme au passé difficile, un pitbull qui ne lâche rien avec son instinct de limier et ses méthodes expéditives, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance, un homme aux méthodes borderline qui navigue aussi dans des zones d’ombre.
On retrouve bien sûr tous les protagonistes de Toxique qui ont suscité chez les lecteurs autant d’empathie et contribué au succès du livre.

Une fois de plus, Niko Tackian s’inspire de l’actualité et soulève cette fois la problématique des réfugiés : la difficulté d’endiguer la misère qui n’en finit pas de s’échouer de continent en continent, de subvenir à leurs besoins, de leur apporter un minimum d’aide. A côté des bénévoles et des organisations humanitaires, il y a ceux qui vont s’enrichir sur leur dos : utilisation d’une main d’oeuvre non déclarée et payée un salaire de misère, proxénétisme, trafic en tout genre, mafia, …

Outre cette enquête principale, on suit également l’évolution d’une enquête interne à l’encontre de Tomar et sa coéquipière Rhonda à propos d’une dissimulation de preuve liée au meurtre d’un violeur et assassin récidiviste.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’état de santé de Tomar devient préoccupant suite à l’apparition de signes d’épilepsie et d’absences passagères.

Avec ce deuxième volet des enquêtes de Tomar Khan, Niko Tackian confirme qu’il a bien sa place parmi les auteurs français de polars. Tout y est pour captiver le lecteur : empathie omniprésente envers les protagonistes, rythme de lecture dynamique, atmosphère parfois violente et intense, suspense bien entretenu.

Je regrette juste que l’histoire ne soit pas un peu plus longue, et le dénouement quasi simultané des trois fils rouges, afin de prolonger un peu plus le plaisir de lecture.


FANTAZME  -  Niko TACKIAN
Calmann-Lévy  -  03/01/2018

mardi 16 janvier 2018

TOXIQUE - Niko TACKIAN

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Scénariste de métier depuis quinze ans, Niko Tackian s’illustre depuis peu en littérature. Auteur de deux thrillers psychologiques, Quelque part avant l’enfer et La nuit n’est jamais complète parus chez Scrineo en 2015 et 2016, il se tourne ensuite vers l’univers du polar avec le très noir Toxique, paru chez Calmann-Lévy en 2017 et dans la collection Livre de Poche en ce début d’année 2018. et qui inaugure une future série.

Celle-ci a pour personnage principal Tomar Khan, enquêteur au 36 quai des orfèvres. L’auteur va donc prendre le temps de bien décrire son personnage central, et les autres qui gravitent autour de lui, famille et collègues de travail. Les personnages sont complexes, relativement bien développés, assez du moins pour créer avec le lecteur un lien particulier qui permet de s’imaginer facilement à leur côté, de vivre plus intensément une enquête non dénuée de suspense.


Le commandant Tomar Khan, d’origine khurde, est un mec inflexible et sanguin à la carrure de buffle, un flic qui flirte parfois avec la ligne rouge pour empêcher de nuire les prédateurs qui rôdent en ville, un homme condamné depuis son enfance à vivre une succession d’échecs, pourchassé par les démons du passé qui viennent le hanter, et qui a trouvé comme exutoire un club de boxe pour y relâcher la tension qu’il accumule. Tomar est aussi un encaisseur. Depuis sa naissance, la vie l’a pris pour un sac de frappe et s’acharne sur lui. Il n’a jamais connu l’insouciance d’une enfance normale, il s’est blindé, recouvert d’une couche épaisse de muscles et de principes pour échapper à la souffrance et ne plus jamais connaître le froid et la peur. Niko Tackian nous fait parfaitement comprendre la fragilité qu’il renferme et le rend profondément humain et particulièrement charismatique.

 Le décor du roman, c’est le Paris de janvier 2016, encore meurtri par les attentats. L’auteur intègre à l’histoire les infos relatées dans la presse à ce sujet ainsi que certains faits de la vie parisienne notamment au coeur du quartier du canal Saint-Martin, laissant l’impression au lecteur de lire un polar écrit en temps réel.

Dans Toxique Niko Tackian développe la thématique des gens toxiques que sont les sociopathes.
Le sociopathe n’est pas capable de voir la souffrance des autres et ne la respecte pas. Et surtout, il cherche à satisfaire ses besoins à tout prix. La sociopathie est une sorte d’immaturité figée. C’est un adulte qui a les mêmes réactions qu’un enfant de cinq ans. Il aime arracher les ailes des mouches sans se soucier de leur douleur. C’est aussi un bon manipulateur qui recourt rarement au mensonge, ou bien par omission. Il n’emploie ni la menace ni la contrainte et encore moins la force physique. Aux yeux du monde, il a l’air irréprochable ! Son art consiste à cerner les failles de ses proies pour mieux les exploiter. La notion de culpabilité n’existe pas chez lui. Sa seule limite, c’est la loi. Il peut être charmant en société. Ce sont des prédateurs sociaux qui laissent derrière eux un sillage d’espoirs brisés. Certaines particularités du sociopathe sont d’ailleurs des qualités mises en avant pour l’embauche dans de grandes entreprises.
Sachant qu’une personne sur 25 pourrait être sociopathe, je m’imagine poser sur mes collègues de travail un regard bien différent .

J’ai apprécié le style de l’auteur et sa façon de me faire entrer dans l’histoire.
Il ne faut pas grand-chose pour passer à côté d’un bon bouquin, et il est évident que je n’ai pas encore le temps de lire tout ce qui me tente. Ce qui est certain, c’est qu’après avoir lu Toxique avec un certain retard, je vais immédiatement enchaîner sur le second volet des aventures du Commandant Tomar Khan .



TOXIQUE  -  Niko TACKIAN
CALMANN-LEVY  -  04/01/2017
LIVRE DE POCHE  -  03/01/2018

samedi 11 novembre 2017

J'AI TOUJOURS AIMÉ LA NUIT - Patrick CHAMOISEAU

Lors de sa dernière garde de nuit, à la veille de sa retraite, le commandant de police Eloi Ephraïm Evariste Pilon se retrouve en mauvaise posture, le pistolet d’un tueur braqué sur lui.
Et il va en être ainsi durant quasiment tout le roman car il s’agit d’un huis-clos, d’un face-à-face entre un policier et un tueur.

Le tueur, c’est Hypérion Victimaire, ex-militaire, élevé par une mère exemplaire, sa "manman", une "Grande personne", qui lui a appris la droiture, le respect, l’honneur et le tranchant de l’autorité.
Au travers de la confession de celui-ci, c’est la dérive de la Martinique que décrit Patrick Chamoiseau. La Martinique de son enfance perd de son identité et de son charme. Des quartiers autrefois imprégnés de bonnes manières font place à des zones populaires, à des regroupements d’HLM, habités par des colonies de Saint-Luciens, Haïtiens, Dominiquais, qui traficotent la drogue, vendent des armes, et commettent toutes sortes d’atrocités.
Le tueur nous parle de la lente germination d’une nécessité qu’il perçoit en lui.
"Tant de crimes, de coups, de sang, de monstres en liberté, tellement de trafics et de pertes humaines dans les boues du cannabis et de la cocaïne, tellement de violeurs de femmes et d’enfants, et toutes ces nuées de prédateurs qui décimaient notre jeunesse, qu’il me fut clair que quelque chose d’au-delà de moi allait venir. "
Influencé par la clairvoyance de son voisin, Hortensius Capilotas, qui fait commerce avec des démons invisibles pour s’efforcer de soulager les désespérés qui viennent quémander une solution à leur déveine, Hypérion se transforme petit à petit en psychopathe vengeur et ravageur, un archange chargé de purifier La Martinique.

"Je suis un massacreur, un égorgeur de chose, un défonceur de chair, un déchireur de peau, un briseur de vertèbres, un démanteleur de hanches, d’épaules et de cou, un écarteleur de poitrine, un dérouleur de boyaux, et parfois un très goulu buveur de sang ! J’ai mordu, battu, écrasé, coupé et abîmé presque toutes les formes d’existence qui en valaient la peine, c’est-à-dire qui méritaient le châtiment divin, la frappe claire de l’Archange."

Le policier, c’est Eloi Ephraïm Evariste Pilon, un homme valeureux et honnête, qui à force de se consacrer un peu trop à son métier n’a pas vu venir la dégringolade de sa vie familiale. Sa femme, devenue alcoolique, s’est suicidée et sa fille, Caroline, passe de foyer en foyer.
La veille de sa retraite, ce dont il a rêvé toute sa vie se tient devant lui : un assassin pas ordinaire, un psychopathe de grande ampleur qui, pour des raisons obscures, se livre sans retenue à lui.
Eloi Ephraïm Evariste Pilon se tait au maximum ne voulant rien troubler de ce paysage d’horreur que le monstre a entrepris de redessiner sur sa réalité et sur celle de son pays.
Au détour de la confession du tueur, le policier va entr’apercevoir l’existence de sa fille dont la route a croisé celle de ce dernier au cours d’une nuit, celle de ce vendredi 13, qui commença par une virée insensée, meurtrière et irréfléchie, et finit par un massacre vengeur et prémédité.

Les deux personnages, chacun à leur manière, au fil du récit de l’un et des pensées de l’autre, nous parlent de la Martinique d’aujourd’hui, sa langue, ses paysages, sa misère, ses beautés, sa cuisine et sa délinquance aussi…
A l’opposé l’un de l’autre, par des moyens et des méthodes différents, ils ont pourtant un but semblable, rétablir une humanité sur terre, une humanité qui n’a pas complètement disparu mais qui est en train de disparaître.

"Sans trop hausser le ton, je leur expliquai que l’inadmissible n’était pas admissible, que ce qui était arrivé là était de notre faute à tous, que la faute n’était pas quelque chose de visible, même de compréhensible, elle était faite de toutes sortes de petites démissions, de petites insignifiances, de petits accommodements, de négligences, de bêtises, et d’une perte de vue que dans la vie il fallait de la droiture, de la netteté, un rêve, un idéal, une hauteur et une intransigeance ! Je leur parlai aussi du tranchant de cette autorité qui depuis trop longtemps nous avait désertés, et qui devait retrouver sa haute place verticale dans tous nos horizons !"


Patrick Chamoiseau nous livre là un beau thriller, bien noir, avec un tueur psychopathe, des jeunes fous qui se croient plus forts que tout et un policier intègre qui enquête avec intelligence et patience tout en cherchant à retrouver sa fille...




J'AI TOUJOURS AIMÉ LA NUIT  -  Patrick CHAMOISEAU
SONATINE  -  09/11/2017