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vendredi 24 mai 2019

D'UNE MORT LENTE - Emelie SCHEPP



Quatrième de couverture :

Mis en scène dans leur propre appartement, des corps comme des poupées incomplètes, mutilés avec une précision chirurgicale. 
Justement, c’est peut-être la chirurgie qui relie les victimes entre elles. Et, plus précisément, une erreur médicale commise dans le secret d’une salle d’opération, étouffée par les années. 
Des nuits blanches attendent la police de Norrköping et la procureure Jana Berzelius. 
Mais cette dernière a d’autres cauchemars que le tueur au scalpel. 
Un homme qui la connaît depuis l’enfance. Un homme qui pourrait révéler à tous que Jana a été élevée et entraînée pour tuer. Cet homme est sa véritable menace. Et il vient juste de s’échapper. 


Mon avis :

Après Marquée à vie et Sommeil blanc, D’une mort lente est le troisième tome des aventures de la procureure Jana Berzelius, de l’auteure suédoise Emelie Schepp.
Dès le premier tome, je me suis laissé emporté par le style de l’auteure, par la personnalité, le caractère, la détermination de l’héroïne, procureure à Norrköping en Suède. Aussi est-ce avec plaisir que je me replonge dans ce troisième opus.

Cette fois, la section criminelle enquête sur des meurtres particulièrement sanglants qui hantent la ville. Parallèlement à cela, comme dans les précédents livres, Jana Berzelius doit affronter les fantômes de son passé et tenter le tout pour le tout afin que ses terribles secrets ne soient pas dévoilés à la face du monde.

Bien que les livres de cette série puissent être lus indépendamment les uns des autres, je vous conseille vraiment de suivre l’ordre chronologique, afin d’avoir une continuité dans ce fil rouge constitué du passé de Jana Berzelius. Au fil des livres, l’auteure a fait évoluer son personnage principal. On en découvre plus sur son enfance, sur tout ce qui est à l’origine de ses forces et de ses faiblesses.

Les autres protagonistes, membres de la section criminelle, évoluent aussi dans leur quotidien professionnel et leur histoire personnelle. Cela peut toutefois sembler déroutant et amener une certaine lenteur au rythme du livre. Mais rassurez-vous car dès que vous aurez cerné les personnages et vous serez habitué à l’écriture, vous finirez complètement absorbé par l’histoire. Comme tout bon thriller et polar venant du nord, Emelie Schepp a su distiller une atmosphère froide et très particulière à son histoire. L’auteure a aussi le don de faire monter le suspense crescendo et de faire de ses livres de véritables pages-turners.





Née en Suède, à Motala, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus, comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec Marquée à vie, le premier volume de sa série « Jana Berzelius ». Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, cette trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède.

D'UNE MORT LENTE  -  Emelie SCHEPP

HARPER COLLINS Noir  -  06 mars 2019

vendredi 26 avril 2019

TANGERINE - Christine MANGAN



Résumé :

Tanger, 1956. Alice Shipley n’y arrive pas.
Cette violence palpable, ces rues surpeuplées, cette chaleur constante  : à croire que la ville la rejette, lui veut du mal.
L’arrivée de son ancienne colocataire, Lucy, transforme son quotidien mortifère. Ses journées ne se résument plus à attendre le retour de son mari, John. Son amie lui donne la force d’affronter la ville, de sortir de son isolement.
Puis advient ce glissement, lent, insidieux. La joie des retrouvailles fait place à une sensation d’étouffement, à la certitude d’être observée. La bienveillance de Lucy, sa propre lucidité, tout semble soudain si fragile... surtout quand John disparaît.
Avec une Tanger envoûtante et sombre comme toile de fond, des personnages obsessionnels apprennent à leurs dépens la définition du mot 
doute.



Mon avis :

Nous sommes en 1956, à Tanger, où Alice Shipley vit avec son mari. Alice a pourtant bien du mal à se familiariser à cette ville grouillante et son atmosphère surchauffée. Pourtant c’est là qu’elle tente d’oublier un horrible incident, survenu en fin du cursus au Bennington College, et qui a changé le cours de sa vie. Mais une visite inattendue de Lucy Mason, sa camarade de chambre à l’université qui a été témoin de l’événement, risque bien de bouleverser cette quiétude. Face à son ancienne amie, Alice est en proie à une profonde incertitude. Peut-elle faire confiance à Lucy ? Celle-ci ne risque-t-elle pas de dévoiler la vérité ?

Les chapitres alternent les points de vue des deux principales protagonistes, qui évoquent chacune à tour de rôle leur passé, leur rencontre, et font allusion à ce fameux incident dont on ignore tout, si ce n’est qu’il est la cause de leur relation troublante et de l’atmosphère hitchcockienne du récit. Bien que le dialogue soit aigu et mordant, c’est le non-dit qui frappe le plus. La tension règne sous la surface et la vérité se cache entre les lignes.

Malheureusement, l’autrice joue aussi peu avec les tensions qu’un chat obèse avec sa souris. Le récit souffre d’apathie et les personnages manquent d’empathie.

La perspective narrative est tout aussi frustrante. Les chapitres alternent entre la perspective à la première personne d’Alice et de Lucy. Bien que les deux femmes soient très différentes – Alice calme et tremblante, Lucy rusée et indépendante – rien ne distingue leur voix narrative l’une de l’autre. A plusieurs reprises je me suis demandé qui était la narratrice du chapitre en cours de lecture.

Un bandeau accrocheur semble établir un parallèle entre Tangerine et les livres de Gillian Flynn. Pour moi la comparaison est tout simplement risible. Ce livre ne reflète en aucune manière la tension à bout de souffle et les intrigues habilement tissées trouvées dans les romans de Gillian Flynn.

Heureusement un certain élan est retrouvé dans le dernier quart du livre, pour mener les lecteurs à une conclusion qui séduira les uns et irritera les autres.




Christine Mangan est diplômée de l’University College de Dublin, où elle a rédigé une thèse sur la littérature gothique du xviiie siècle, et de l’Université du Sud du Maine, où elle a suivi un Master d’écriture. Tangerine est son premier roman.


TANGERINE  -  Christine MANGAN

HARPER COLLINS  -  02/05/2019

mercredi 24 avril 2019

NOVEMBER ROAD - Lou BERNEY



Quatrième de couverture :
Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.
Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.
Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même. Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque.
Alors, Guidry prend le risque.
Il s’arrête.

Qu’en penser ?
L’histoire se déroule en novembre 1963, dans les jours qui ont suivi l’assassinat de John F. Kennedy. L’un des deux principaux protagonistes est Frank Guidry, bien connu parmi la société de La Nouvelle-Orléans, et lieutenant du mafieux Carlos Marcello. Quelques semaines avant l’assassinat, Guidry exécuta ce qui semblait être à l’époque un service plutôt inconséquent pour Marcello. Mais au moment où Guidry apprend la mort de JFK à Dallas, il se rend compte que la tâche qu’il a accomplie était tout sauf insignifiante.

Connaissant Marcello, et sachant que toute personne pouvant être mêlée de près ou de loin à cet assassinat risque fort d’être éliminée, Guidry décide de prendre la fuite. Il espère pouvoir se faire aider par un vieil ami à Las Vegas, mais sait très bien que le défi est de taille, tant Marcello a des yeux et des oreilles dans tout le pays.

La deuxième protagoniste du livre est Charlotte Roy, femme au foyer et mère de deux filles, habitant dans un bled paumé de l’Oklahoma. Charlotte en a marre d’être enfermée, de cette vie terne, et de son mari alcoolique. Elle a envie de vivre dans un endroit où il n’est pas difficile de faire la différence entre le passé et le futur.
Ainsi, pratiquement sur un coup de tête, décide-t-elle de faire ses bagages et d’emmener ses filles et le chien pour commencer une nouvelle vie en Californie.
Leur chemin va croiser celui de Frank. N’est-ce pas pour lui la meilleure façon de passer inaperçu, dans la peau d’un père de famille, tandis qu’un tueur à gages est à la recherche d’un loup solitaire ?

Lou Berney réussit l’exploit d’immerger le lecteur au début des années soixante. Les attitudes et l’atmosphère se ressentent parfaitement bien. Les descriptions des petites villes mythiques et typiques du sud des Etats-Unis sont remarquables.
C’est un roman absolument superbe, fin, subtil. L’histoire vous saisit dès la page d’accueil et refuse ensuite de vous laisser partir. Tout l’intérêt du roman tient dans la finesse psychologique de l’analyse des relations entre les personnages.
C’est à la fois un polar, un road-trip, et l’histoire de cette relation incroyable et complexe entre Charlotte et Frank, un mafieux qui finit par susciter tellement d’empathie, des personnages tellement attachants qu’on n’est pas près de les oublier.



Lou Berney vit dans l'Oklahoma. Il est l'auteur de cinq romans, dont le dernier, November Road, est le premier traduit en français.

NOVEMBER ROAD  -  Lou BERNEY
HARPER COLLINS  -  06/02/2019





mercredi 4 avril 2018

SILVER WATER - Haylen BECK


Après l’abandon d’une précédente lecture, je n’arrivais pas à me décider pour la suivante. Tombé par hasard sur Silver Water de Haylen Beck, je sus que c’était le livre que je voulais lire. L’intrigue semblait intéressante et j’étais à peu près certain que j’allais apprécier. J’avais raison. Après avoir lu seulement quelques pages, j’étais totalement absorbé par cette histoire.

Celle-ci commence alors qu’Audra Kinney et ses deux enfants, Sean, dix ans, et Louise, quatre ans, traversent l’Arizona pour se rendre en Californie. Audra les éloigne de leur père, un mari violent. Elle respecte scrupuleusement le code de la route car elle ne tient pas à attirer l’attention des forces de l’ordre, étant donné que la décision de garde des enfants n’a pas encore été prononcée par les tribunaux.
Malgré cela, elle se fait arrêter par le shérif local pour un simple contrôle de routine, un contrôle qui ne prend pas la tournure escomptée et finit en garde à vue.
Le shérif appelle en renfort sa collègue, une femme officier, pour s’occuper des enfants.
Je pouvais sentir la panique d’Audra, celle des enfants… qu’est-ce qui se passe ?
Alors qu’Audra essayait de se calmer en respirant profondément, je me suis retrouvé à faire de même.

Parmi les personnages principaux, Sean, le fils aîné d’Audra est impressionnant, peut-être à la limite de la crédibilité tant ses attitudes, ses raisonnements, semblent être un peu trop matures pour un enfant de cet âge. Comme preuve son comportement qui se veut rassurant avec sa petite sœur lorsque le shérif emmène sa maman. Bien que le shérif lui dise que tout ira bien, Sean ne le croit pas. Il voit quelque chose dans les yeux du shérif qui les regarde, quelque chose qui le terrifie. D’autres comportements de Sean, un peu trop adultes à mon goût, à d’autres moments, m’ont fait repenser à cela mais je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler l’histoire.

Il existe aussi des rapports et échanges de courriels qui ajoutent plus d’ampleur à l’histoire et donnent aux lecteurs une idée de l’endroit où les choses se dirigent.

Audra se sent impuissante et seule face à l’autorité du shérif et des forces de l’ordre qui vont se charger de l’enquête. Elle doit pourtant être forte pour ses enfants. Nous en apprenons davantage sur son passé et à quel point son mari est diabolique.
Mais elle n’est pas aussi seule qu’elle le pense. La couverture médiatique de cette affaire attire l’attention de quelqu’un qui a vécu quelque chose de similaire dans son passé et le pousse à vouloir aider Audra.

Le style d’écriture de l’auteur et les chapitres courts rendent l’histoire fluide et facile à lire. De plus, la construction du récit s'avère épatante. Pas de retournements de situations inattendus dans cette histoire. La manipulation dont est victime la jeune femme est époustouflante. Le suspense ne réside pas dans l'identité des coupables, ni dans le kidnapping, mais dans le sort des enfants et la capacité de leur fragile mère à surmonter l'épreuve. Cela peut paraître sombre et dérangeant, d’autant que l’on s’en prend à des enfants, mais l’auteur s’en sort bien et n’exagère pas trop avec des détails. On pense à certaines choses sans vraiment les lire.

Ce fut donc une lecture passionnante et convaincante que je recommande fortement.



Haylen Beck n’est pas un auteur inconnu. C’est le pseudonyme de l’écrivain nord-irlandais Stuart Neville. Son roman “Les fantômes de Belfast” (Éd.Rivages, 2011) fut récompensé par le Prix Mystère 2012. Outre “Ratlines” (2013), ses titres de la série ayant pour héros Jack Lennon sont progressivement traduits en France. S’il utilise ici un autre nom d’auteur, c’est pour marquer la différence entre ses romans noirs et ce thriller.

SILVER WATER  -  Haylen BECK
HARPER COLLINS NOIR  -  14/03/2018

lundi 12 mars 2018

SOMMEIL BLANC - Emelie SCHEPP


Sommeil Blanc, le second livre d’Emelie Schepp, est la suite de Marquée à vie, une série dont le personnage récurrent est Jana Berzelius, enfant soldat devenue procureur après son adoption par une famille aisée. Bien que ce second ouvrage puisse être lu séparément, je ne peux que recommander la lecture du tome précédent, tant les allusions sont nombreuses.

Quand une fille thaïlandaise meurt par overdose suite à l’ingestion de sachets de drogue de contrebande, la piste pointe vers Danilo, autre enfant soldat, victime comme Jana Berzelius du trafic d’être humain, mais qui n’a pas eu la chance de connaître une autre vie. Désireuse d’effacer toute trace de son enfance sordide, Berzélius n’a d’autre choix que de traquer secrètement ce personnage avec qui elle partage un passé horrible.

Pendant ce temps, la police se concentre sur la tête insaisissable du commerce suédois des stupéfiants. Personne n’a jamais rencontré ce cerveau diabolique en personne, connu sous le nom de Vieil Homme. Il est comme une ombre respectée à l’extrême. Qui est ce baron de la drogue ? Berzelius a soif de connaître son identité, même si elle traque clandestinement Danilo, qui a menacé de la dénoncer pour ce qu’elle est vraiment. Elle sait qu’elle doit le tuer avant de pouvoir révéler ses secrets. Si elle échoue, elle risque de tout perdre.

Alors qu’elle se prépare au combat de sa vie, Berzelius découvre une trahison encore plus explosive et insidieuse, qui l’emmène inextricablement dans tout le réseau sordide du crime.

Bien que la dynamique entre Jana et Danilo soit captivante, je me suis tout autant passionné avec les personnages secondaires. Les policiers forment un groupe dépareillé et les suivre, alors qu’ils tentent de jongler avec leur vie personnelle et simultanément enquêter sur la contrebande de drogue, est fascinant. Mia Bolander, Gunnar Ohrn et Henrik Levin sont géniaux en tant qu’enquêteurs, mais leurs vies respectives sont pour le moins bordéliques. J’ai adoré cela. Ça les rend tous plus réels. Ils font des erreurs, se confrontent les uns aux autres. Ce sont des gens ordinaires qui essaient de faire un travail difficile dans des circonstances difficiles. Je pense que leurs défauts et leurs erreurs sont nécessaires pour équilibrer les compétences supérieures de Jana. Bien que j’apprécie pleinement les raisons pour lesquelles Jana est comme elle est, je pense que cela la rend parfois difficile à comprendre. Motivée et unique, une fois qu’elle choisit sa ligne de conduite, rien ne peut la détourner de ses objectifs. Elle est comme une toile vierge, émotionnellement distante. Les autres personnages apportent une certaine humanité nécessaire à l’intrigue.

On retrouve dans ce roman deux genres appréciés des amateurs de polars et habilement entremêlés. Les chapitres concernant Jana et Danilo forment un thriller de haut vol, les deux personnages jouant au jeu du chat et de la souris, alors que les chapitres qui suivent les membres de la police locale ressemblent davantage à une procédure policière standard.

A certains égards, Jana Berzelius reste un mystère tout au long du livre. Ce second tome fait évoluer son histoire vers une révélation finale, tout en laissant juste assez de questions sans réponse pour donner matière à un troisième tome, que je ne manquerai sous aucun prétexte.





Un flacon à la main, il attrapa sa mâchoire, la força à ouvrir la bouche et y répandit trois giclées de lubrifiant. Puis il lui tendit la capsule.
Pim la prit, la fourra directement dans sa bouche. Elle essaya d’avaler. Appuya d’un doigt pour la faire descendre dans sa gorge, mais eut un haut-le-coeur. La capsule à nouveau au fond de sa gorge, elle remonta le menton. Elle ferma les yeux. Et avala. Avala, avala, avala. Lentement, ça descendit vers son estomac.

 https://www.harpercollins.fr/auteur/emelie-schepp

SOMMEIL BLANC  -  Emelie SCHEPP
HARPER COLLINS  -  10/01/2018

lundi 18 septembre 2017

ANGIE - Karin SLAUGHTER

Angie est le huitième roman de la série Will Trent de Karin Slaughter. Personnellement, c’est le premier roman de cet auteur que je lis. Bien qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir lu les précédents ouvrages de la série, il faut bien reconnaître que le manque total de connaissance des personnages récurrents évoqués a constitué pour moi une difficulté supplémentaire à la compréhension d’une intrigue assez complexe.
J’avoue avoir eu un peu de mal à bien rentrer dans l’histoire, et en avoir parfois perdu le fil. Mais cela peut aussi s’expliquer par une lecture arrivée au mauvais moment : après un ouvrage qui m’a beaucoup plu, et durant une période plus fatigante ne laissant que peu de temps pour la lecture en fin de journée.

L e récit se compose de trois parties : présent, passé et présent.

Le corps sans vie d’un ex-flic, une poignée de porte plantée dans la gorge, est signalé dans un bâtiment destiné à devenir le prochain night-club d’une star du basket-ball. D’autres empreintes sanglantes semblent indiquer qu’une autre victime – une femme – a quitté la scène de crime et s’est volatilisée dans la nature.
L’entrepôt où le corps est découvert est relié à un athlète de haut niveau, héros local, protégé par une armada d’avocats grassement payés pour protéger leur client et empêcher l’aboutissement d’une enquête, celle sur laquelle l’agent spécial Will Trent vient de passer les six derniers mois pour le viol brutal d’une femme.
Will Trent et sa coéquipière Faith Mitchell ne tardent pas à découvrir que sa femme, Angie Polaski, est étroitement liée à ce meurtre, mais pourquoi et à quel point ? Angie est une flic manipulatrice et machiavélique, pas toujours réglo, décidée à faire tout ce qu’il faut pour sauver sa fille des mains d’un mari possessif et violent, lui aussi sportif professionnel.

La seconde partie du roman est plutôt centrée sur Angie. On apprend que Angie et Will sont tous deux des enfants issus de familles défavorisées, élevés en familles d’accueil, expliquant ainsi leur personnalité. Si le personnage de Will suscite beaucoup d’empathie, il n’en va pas de même avec Angie dont les actions et le tempérament la rendent plus difficile à aimer. Cela donne à Will beaucoup à réfléchir, d’autant que ses sentiments sont sans cesse partagés entre Angie et sa petite amie Sarah, médecin légiste.
Angie couchait à droite et à gauche. Fréquemment, et sans discernement. Elle faisait partie de la pire sorte de flics, ceux en qui on ne peut pas avoir confiance quand il s'agit de vous protéger. Une solitaire avec des tendances autodestructrices.

La personnalité complexe des personnages, particulièrement des deux principaux, Will Trent et Angie Polaski donne la dimension psychologique à ce thriller.
Cette seconde partie est aussi un retour dans un passé proche, dévoilant la genèse du meurtre de l’entrepôt et le rôle d’Angie dans toute cette affaire, expliquant les liens qui relient chaque personnage, et évoluant à nouveau vers le présent où l’intrigue va prendre toute son ampleur.

Grâce aux indices disséminés petit à petit, l’auteur entretient parfaitement le suspense , laissant progressivement les morceaux s’emboîter pour nous conduire à une conclusion à bout de souffle.



ANGIE  -  Karin SLAUGHTER
Harper Collins NOIR  -  13/09/2017

vendredi 16 juin 2017

LA VEUVE NOIRE - Daniel SILVA

Le roman d’espionnage est un genre littéraire que j’ai délaissé depuis bien longtemps, certainement pas par lassitude, mais plutôt guidé par des choix différents.
Sur le site Netgalley, j’ai pourtant sélectionné ce livre dans mes choix de lectures, car le résumé, en rapport avec la violence terroriste actuelle, m’a vraiment interpellé.

L’auteur, Daniel Silva, était pour moi un inconnu , bien qu’il n’en soit pas à son premier roman. Sa bibliographie compte une vingtaine de romans d’espionnage, dont quelques-uns ont été publiés en français.
La veuve noire, dernier tome de la série Gabriel Allon, m’a profondément impressionné. C’est une excellente représentation de ce qui semble être l’incroyable habileté de l’auteur dans l’élaboration d’un best-seller. La veuve noire contient une intrigue complexe et palpitante sur un espion légendaire, une organisation terroriste redoutable, et une jeune femme qui accepte d’utiliser ses compétences pour infiltrer l’ennemi.

Le début du roman nous plonge d’emblée dans l’action et le climat terroriste actuel. Un attentat de grande ampleur est perpétré à Paris, rue des rosiers. Un groupe anti-terroriste français inconnu fait appel au "Bureau", l’espionnage israélien, et à Gabriel Allon en particulier, pour en rechercher les auteurs et éliminer les menaces de nouvelles attaques. Un plan est alors mis en œuvre pour infiltrer l’État Islamique et découvrir l’organisateur de l’attentat. Nathalie Mizrahi , médecin juive exerçant à Paris, semble être la candidate parfaite pour cette mission sensible et dangereuse.

Daniel Silva semble avoir une excellente connaissance des services de renseignements du monde entier et de leurs homologues, et des organisations criminelles et terroristes. Comme indiqué dans l’avant-propos et la note de l’auteur, les événements, les incidents, les personnages et les lieux sont évidemment fictifs, mais ils sont tout à fait crédibles dans le sens où Daniel Silva parvient à être réaliste et rationnel. Il y parle même d’un individu radicalisé de Molenbeek.

Bien que ce livre soit la seizième aventure de Gabriel Allon, un nouveau lecteur tel que moi-même n’a aucun problème pour entrer dans l’intrigue et s’habituer aux personnages. Les quelques références et détails en rapport avec des aventures précédentes, révélés avec parcimonie n’empêchent nullement la compréhension et l’immersion dans cette histoire. Je dirais même que ces quelques flash-back, associés au plaisir de lecture que j’ai ressenti, me donnent l’envie de plonger plus profondément dans l’histoire de Gabriel.

Gabriel Allon est décrit comme un individu ayant un ensemble de compétences qui n’a rien d’extraordinaire, contribuant à donner cette image d’un héros mal compris, mais au charisme fou.


Un roman d’espionnage particulièrement addictif, en phase avec l’actualité et le terrorisme de l’État Islamique.

Pourquoi plus de cinq cents jeunes femmes occidentales ont-elles rejoint les rangs de Daech ? Pourquoi ces barbus fanatiques sont-ils les nouvelles stars de l'islam ? C'est à la mode d'être un assassin ?

 C'est vrai que beaucoup d'entre elles sont éduquées, beaucoup plus que les garçons qui rejoignent Daech. Comme il leur est interdit de combattre sur le champ de bataille, elles assument des fonctions de soutien, et leur rôle est important. Ce sont surtout les femmes qui sont en train de bâtir le califat. La plupart vont se marier à un combattant - qui a toutes ses chances de devenir rapidement un martyr ... Une femme sur quatre devient une veuve noire. Endoctrinée, amère, vindicative. Il suffit alors d'un bon recruteur pour les transformer en bombes à retardement...


 Auteur de romans d'espionnage à succès. Daniel Silva a débuté comme journaliste en 1984 à United Press International. Il a travaillé à Washington puis au Caire comme correspondant pour le Moyen-Orient. Il a couvert la guerre Iran-Irak, et le problème du terrorisme. Il a ensuite été engagé à CNN comme producteur. Il a écrit son premier roman en 1994, The Unlikely Spy, devenu un best-seller. En 1997, il a décidé d'écrire à plein temps. Ses héros sont Michael Osbourne pour deux livres et Gabriel Allon pour dix livres. 

Classé n°1 sur les prestigieuses listes de best-sellers du New York Times, Daniel Silva a reçu de multiples récompenses internationales pour ses dix-sept romans publiés avec succès dans plus de trente pays. L’Espion anglais fait suite àL’Affaire Caravaggio, L’Espion qui n’existait pas, La Marque de l’assassin, L’Assassin anglais, Le Confesseur et Le Messager. Daniel Silva est membre du Conseil d’administration du Mémorial américain de l’Holocauste, et vit en Floride avec sa femme, Jamie Gangel, et leurs deux enfants, Lily et Nicholas. 


LA VEUVE NOIRE  -  Daniel SILVA
Editions HARPER COLLINS  -  Collection HARPER COLLINS NOIR  -  05/04/2017

mardi 31 janvier 2017

MARQUÉE A VIE - Emelie Schepp

Jana Berzelius est une jeune et brillante procureure. Elle peut sembler froide et distante à certains, mais elle excelle dans son travail… jusqu’à ce que tout change.
Un haut responsable de l’immigration est trouvé assassiné dans sa maison. Les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant, alors qu’aucun enfant ne vit dans cette maison.
Rapidement Jana comprend que cette affaire a un rapport avec son passé, un passé dont elle se rappelle à peine et qu’elle ne veut pas voir interférer dans sa vie professionnelle.
Aussi décide-t-elle d’enquêter pour le redécouvrir, prendre les devants sur la police, trouver le meurtrier et ainsi se protéger. Mais dans ce jeu du chat et de la souris, rien ne se passe tout à fait comme on peut s’y attendre.

Sur fond de crise migratoire, Emelie Schepp développe une intrigue au rythme soutenu, dans laquelle l'action prime largement sur le style et les personnages.

Même si l’histoire a un démarrage un peu lent, on en devient vite accro au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête. Le roman utilise les codes de toute enquête policière, mais il est unique en ce sens qu’il passe à la vitesse supérieure pendant la seconde moitié du livre, où l’on passe de l’enquête à un thriller avec de nombreux rebondissements et changements de cap. L’intrigue traite d’un trafic d’êtres humains. La procureure Jana Berzelius est le personnage narratif principal, un personnage féminin au caractère fort , avec un lourd passé d'enfant-soldat, mais diablement charismatique. A d’autres moments, le narrateur est un enfant victime de ce réseau. Le passage d’un narrateur à l’autre offre une perspective intéressante, voire choquante quand tout s’assemble.
La lecture est sombre et rapide. Certains personnages susciteront votre sympathie, d’autres l’inverse.
Quant à l épilogue, il se termine avec quelques points d’interrogation, une façon de préparer le terrain pour un affrontement inévitable entre Jana et un second personnage.

Ecrit par Emelie Schepp, une romancière suédoise, Marquée à vie est le premier tome d’une trilogie dont la procureure Jana Berzelius est le personnage principal.
Si vous appréciez les thrillers nordiques, celui-ci n’a rien a envié à ses homologues.



Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d'écrivains nordiques, celle qui  a succédé à des auteurs mondialement connus comme Stieg Larsson. Après avoir emporté un prix d'Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec ce roman, 

MARQUÉE A VIE  -  Emelie Schepp
HARPER COLLINS NOIR  -  11/01/2017
HARPER COLLINS Poche  -  01/2018