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mardi 4 septembre 2018

EVIE - K.L.SLATER


Quatrième de couverture :

La personne que vous aimez le plus au monde est en danger...
Il y a trois ans, la petite Evie, 5 ans, a disparu en sortant de l’école. La police n’a jamais réussi à la localiser. Aucun indice, aucune piste. Rien. La petite s’est évaporée. Mais Toni le sait : sa fille est vivante. Encore faudrait-il qu’elle puisse l’exprimer ! Car Toni est enfermée dans un terrible silence. Personne ne l’écoute, personne ne l’entend. Pourtant, Evie a besoin d’elle. Toni doit réaliser l’impossible si elle veut la sauver.
Mon avis :
Toni Cotter et sa fille de cinq ans, Evie, viennent de déménager à Nottingham, dans le nord de l’Angleterre, pour se rapprocher de la mère de Toni. Pour elles deux, ceci constitue un nouveau départ dans la vie, après la mort accidentelle de son mari en mission en Afghanistan.
Même avec l’aide de sa mère, Toni a du mal à surmonter sa peine et à s’adapter à sa nouvelle vie. Elle pense pouvoir s’en sortir en prenant les médicaments de son mari, mais cela ne fait qu’aggraver la situation : oublis, négligence...
Dos au mur et les finances au plus bas, Toni finit par trouver un emploi dans une agence immobilière. Evie rentre à l’école primaire locale, mais d’une petite fille heureuse et pétillante, elle devient difficile et renfermée.
Vient alors ce jour affreux, probablement le pire cauchemar de tout parent. Toni a tardé à récupérer sa fille à l’école car sa maman est hospitalisée. Quand elle arrive enfin, l’école est fermée, et aucune trace d’Evie. Prise de panique, Toni s’effondre. Son monde explose.
Les enquêtes ne mènent nulle part, et trois ans plus tard, on ignore toujours où se trouve Evie. La police ne sait même pas si elle est encore en vie ou non, mais Toni est convaincue qu'elle est toujours vivante et déterminée à la retrouver.
K.L. Slater commence son récit d’une façon particulièrement accrocheuse.
« Quand tu t’apercevras que ton enfant a disparu, tu croiras connaître le pire ; Très vite viendra ce sentiment insidieux, comme si tu te vidais de ton sang, que tu n’y peux rien, absolument rien. Tu le sentiras s’écouler, et rien ne peut l’arrêter. Mais, à ce stade, tu te fiches pas mal de ce qui peut t’arriver. Tu ne penses qu’à elle, ton bébé. »
L’histoire se déroule entre Trois ans plutôt et Présent, ce qui vous maintient sur vos gardes et entretient le suspense. La disparition de Evie est un vrai mystère d’autant que plusieurs personnages sont suspects et pourraient très bien être impliqués. Le jeu consiste à vous faire croire une chose, mais faites attention à ce que vous croyez car il pourrait bien s’agir de fumée et de miroirs. Je trouve l’intrigue extrêmement intelligente, avec de multiples rebondissements et un twist final génial que je n’ai absolument pas vu venir. Méfiez-vous de ce que vous pensez voir et savoir car tout peut changer rapidement en un clin d’oeil.


K.L. Slater est une figure incontournable du suspense psychologique en Angleterre. Comparée à Paula Hawkins (La Fille du train) et à B.A. Paris (Derrière les portes), elle a écrit six romans, dont Evie est le premier à paraître en France. Elle vit à Nottingham, où est situé le roman.


EVIE  -  K.L.SLATER
MILADY  -  16/08/2018

mardi 1 mai 2018

ON SE REVERRA - Lisa JEWELL


Lisa Jewell, peu connue chez nous, n’en est pas à ses débuts d’écrivain. Son premier livre, Ralph’s Party, est publié en Angleterre en 1998, et presque dix ans plus tard en version française. Depuis, elle en a publié bien d'autres.

On se reverra est sans nul doute celui qui va la hisser au niveau des meilleurs auteurs anglo-saxons de thrillers, car il s’agit d’un fantastique roman de suspense psychologique.

Ce roman tourne autour de trois histoires.

Alice est une mère célibataire. Trois enfants de pères différents, et trois chiens. Un vieux cottage de garde-côtes face à la mer dans un ville côtière imaginaire du Yorkshire, appelée Ridinghouse Bay. Alice est triste, mais adorable, et suscite beaucoup d’empathie. Elle remarque un homme sur la plage, immobile depuis plus de vingt-quatre heures. Elle s’apitoie et lui propose de l’héberger. Il a perdu la mémoire, ne connaît ni son nom, ni comment il est arrivé là.

Lilly est ukrainienne, jeune, belle et naïve, et vient d’épouser Carl Monrose, dix-neuf ans plus âgé qu’elle. Ils habitent la banlieue londonienne. Carl est plutôt du genre discret. Il ne parle pas beaucoup de son passé, ni de sa famille. Un soir il ne rentre pas du travail et ne donne plus aucun signe de vie. Prévenue de sa disparition, la police va établir que Carl Monrose n’existe pas. Son passeport est un faux.

En 1993, comme chaque année, la famille Ross – le père, la mère, Gray 17 ans, Kirsty 15 ans – passe ses vacances dans une location à Ridinghouse Bay. Les ados ont l’âge où les garçons veulent s’affirmer et les filles veulent séduire, où les soirées entre jeunes sont plus amusantes qu’en compagnie des parents.



Le roman s’articule autour de deux composantes majeures : l’histoire et les secrets. Lisa Jewell fait un excellent travail de construction des personnages, sans trop alourdir de descriptions un scénario plutôt dynamique. Elle nous laisse deviner, essayer de comprendre comment ces trois histoires se connectent, tout en nous tenant en haleine par une intrigue dont les éléments sont révélés petit à petit.

Je me suis immergé sans aucune difficulté dans ce roman, en compagnie de personnages tout à fait crédibles, charismatiques ou non, uniques et intrigants.
Je n’ai jamais su à qui faire confiance, qui croire, qui était en danger, ou comment réagir devant cette situation, surtout quand les souvenirs de Franck commencent à refaire surface. Les rebondissements sont profonds, bien cadencés et surprenants, le suspense est tendu, tandis que le côté émotionnel est bien présent.
La lecture se termine par un sentiment de justice qui s’est fait attendre depuis longtemps et par un soulagement palpable.

On se reverra est un excellent thriller psychologique, intelligemment construit, commençant par une intrigue légère qui évolue en quelque chose de beaucoup plus sombre et sinistre.

Une lecture prenante. Une découverte d’une auteur dont j’attends le prochain thriller avec impatience.

On dirait que vous êtes atteint d’un type d’amnésie qui s’appelle la fugue dissociative.

C’est une amnésie qui ne résulte pas d’un choc physique, ni de la consommation de drogues ou d’alcool. C’est un état causé par un traumatisme psychologique. En général, ça arrive quand on voit ou qu’on se souvient d’un élément refoulé. Le cerveau s’éteint complètement pour se protéger. Et les gens font comme vous : ils se retrouvent dans des endroits improbables sans aucune idée de qui ils sont, d’où ils viennent ou de ce qu’ils peuvent bien foutre là. C’est assez fascinant comme truc.



Lisa Jewell avait décidé d'écrire son premier roman à l'âge de cinquante ans. Mais à vingt-sept ans, n'étant plus satisfaite par son travail de secrétaire, elle a commencé à écrire. Paru en 1998, son premier livre fut un véritable succès de librairie. depuis, Lisa Jewell a publié quatorze romans. Elle vit à Londres avec son mari et ses deux filles.

ON SE REVERRA  -  Lisa JEWELL
MILADY  -  18/04/2018

mercredi 16 novembre 2016

SI LA LUNE ÉCLAIRE NOS PAS - Nadia Hashimi

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

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Après son touchant et poignant livre La Perle et la Coquille, sorti en 2015, Nadia Hashimi revient au-devant de l’actualité littéraire et générale avec cet autre ouvrage Si la Lune éclaire nos Pas, récit tout aussi passionnant d’une mère qui fuit l’Afghanistan des Talibans, avec ses trois jeunes enfants, se mêlant au flot des migrants qui tentent de rejoindre une terre d’asile.
Avec une écriture méticuleuse, et sans ton larmoyant, l’auteure dresse une peinture psychologique fine et puissante des personnages, dont Fereiba, la mère qui va jouer le rôle de berger pour ses enfants, une héroïne au caractère fort et dure, inéluctablement soumise, mais évitant toute forme de passivité, et Salim, l’aîné, qui devra faire preuve de courage et de détermination pour rejoindre sa famille dont il a perdu la trace durant l’exode.

Nadia Hashimi nous plonge ainsi dans cette crise migratoire, celle de millions de gens persécutés par la guerre et la famine, dont les problèmes sont aggravés par l'attitude méfiante, voire hostile des Européens à leur égard.
Heureusement qu’au fil du chemin parcouru et des rencontres se développent de réelles expériences humaines qui rendent espoir et courage aux réfugiés pour atteindre leur but, et rendent un peu de fraîcheur et de lumière dans ce roman qui sans cela resterait bien sombre !

C'était un véritable réfugié désormais, mais un réfugié qui avait vu l'océan. Il avait entendu le bruit des vagues et humé l'air salé de la mer. Chaque étape de son voyage l'avait changé, avait modifié sa propre vision du monde de façon irréversible. Il avait traversé les eaux une fois et les traverserait encore - sans sa famille, mais riche de minuscules mutations de son être qui lui donnaient la force d'accomplir tout seul cette épreuve.

 Il n'y a pas de véritable asile. Il faut trouver du travail pour obtenir ce droit. Et comment font les gens pour trouver du travail ? dit-elle en faisant un signe en direction du parc. D'abord, il faut un permis de travail. Et pour obtenir un permis de travail, il faut faire une demande d'asile. Tu vois le problème ?

Si la lune éclaire nos pas - Nadia Hashimi
Editeur : Milady - 21/10/2016